Archive for the 'Démocratie' Category

L’abstentionnisme (1)

Publié dans Démocratie le juin 23rd, 2007

Dans un précédent billet je vous avais promis d’expliquer pourquoi je ne vote jamais (sauf une exception).  Choisir de ne pas voter, c’est choisir de critiquer, de ne pas reconnaître la légitimité du système politique que nous avons présentement.  Peu importe que l’on soit de gauche ou de droite, d’ailleurs existe-t-il encore des partis de gauche ou de droite.  Tous les partis se ressemblent.  Ils travaillent tous vraiment fort pour être élus, mais travaillent-ils pour le bien de la collectivité ?  Le présent système politique fait en sorte que les élus ne représentent pas leurs électeurs, mais leur parti.  Le parti, quand à lui est contrôlé par le loby,  l’argent et le seul désir d’être réélu.

Le mouvement social est devenu la seule vraie démocratie représentative.  L’intérêt pour la politique est en chute libre, à preuve le faible taux de participation aux dernières élections provinciale, fédérale, en France et partout dans le monde.  Par contre, l’implication sociale n’a jamais été aussi forte dans le monde entier.

Notre démocratie se résume seulement à mettre un papier dans une boite pour désigner, pour une plus ou moins longue période un mandataire.  Pendant son mandat, le parti au pouvoir décide, choisi et impose ses propres résolution et le citoyen n’est qu’un spectateur qui subis sans aucun contrôle sur une société apparemment démocrate.  Nous pourrions quasiment dire que nous nous votons une monarchie tous les quatre ans, ou seulement une certaine élite garde un contrôle sur les décisions.  Les élus se comportent comme s’ils n’avaient aucun compte à rendre à la population.  Le citoyen, aussitôt l’élection passé, redevient esclave, un consommateur médiatique à séduire aux prochaines élections, il n’est rien.

Il faut savoir que les abstentionnistes forment régulièrement la faction majoritaire d’une élection. L’abstentionnisme croissant est observable partout en Occident. Ainsi, aux dernières élections parlementaires de la République française, le taux d’abstention a atteint 40 % ; aux présidentielles américaines, 33 % ; et 23 % aux élections espagnoles de 2002. Et l’on ne parle que des électeurs inscrits. Si l’on calcule le taux d’abstention à partir du nombre d’adultes ayant le droit de vote qui n’ont pas pris la peine de s’inscrire sur la liste électorale, le résultat est encore pire : près de 50 % des gens ne se rendent pas aux urnes au Canada et aux États-Unis.

Les partis continuent de suivre la loi électorale qui stipule que le parti qui obtient la majorité des votes forme le nouveau gouvernement.  Avec cette loi, même si seulement 5% des gens allaient voter, l’élection serait légale et un gouvernement serait élu.  Ce ne sont pas les partis qui s’en plaindront, ils sont tous là pour garder leur job de toute façon.  Le gouvernement pourrait, s’il le voulait, obliger légalement tous ses citoyens à voter.  Mais en faisant ainsi il serait aussi obliger d’admettre que le problème de l’abstentionnisme est plus sérieux qu’un simple je-m’en-foutisme de la part des électeurs.  En effet, en Argentine, le vote est obligatoire et cela ne veut pas dire que tout le monde approuve le système.  Jusqu’à 30 % des gens annulent leur vote directement sur le bulletin.

Le Citoyen

Transparence

Publié dans Démocratie le juin 10th, 2007

Dans le discours du budget, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a déclaré vouloir faire du gouvernement un exemple de transparence. Merveilleux, sauf que les mesures annoncées dans le discours du budget sont bien peu quand on se compare aux autres provinces.  Le Québec sera en 2008 la seule province au Canada à ne pas avoir adopté l’ensemble des principes comptables généralement reconnus (PCGR) pour le secteur public. Donc, il sera encore possible pour nos élus de présenter aux citoyens un portrait biaisé des finances publiques

Bien sûr, Mme Jérôme-Forget a le mérite de s’être engagée à adopter certaines mesures correctives et elles sont certainement les bienvenues. Mais un gouvernement qui s’engage sans proposer aucun échéancier pour se conformer à ses propres engagements ne semble pas très sérieux. Annoncé la création d’un groupe de travail avant de procéder aux réformes, ça c’est nouveau !  Au Québec, une commission d’enquête, ben voyons.  Le Vérificateur donne tous les ans une liste de recommandations visant à améliorer les pratiques comptables du gouvernement. Dans son dernier rapport, on pouvait en compter une vingtaine. Qu’y a-t-il donc à examiner ?

Exemple de transparence, mon œil !  Pour être un exemple, il faut nécessairement être meilleur que les autres.  Quand on connaît les pratiques en vigueur dans les autres provinces canadiennes on ne devait pas crier haut et fort qu’on est les meilleurs.

Le Québec demeure la seule province au Canada qui ne permette pas à son vérificateur général d’entreprendre librement des vérifications dites d’optimisation des ressources au sein des sociétés d’État.  En pratique, le Vérificateur général du Québec doit obtenir l’autorisation préalable du conseil d’administration d’une société d’État afin de procéder à une vérification de ce genre. Il s’agit d’une restriction unique au Canada.  L’administration publique au Québec est encore loin d’être le modèle de transparence auquel aspire Mme Jérôme-Forget. Force est de constater que les mesures annoncées dans le discours du budget ne changeront probablement rien.

Le Citoyen

La médiacratie

Publié dans Démocratie le mai 24th, 2007

Depuis les années 1960 les médias (la télévision en particulier) ont envahie le monde de la politique. Fut un temps ou les médias, plus libres, moins centralisés, étaient au service de l’information pour le peuple. Aujourd’hui, sans entrer dans le débat de liberté de la presse, les médias sont au service des politiciens, ou devrais-je dire, pour n’insulter personne, que les politiciens sont devenus maîtres dans l’utilisation des médias pour leur image.

Mettre la médiacratie devant la démocratie implique la domination de l’image sur le débat, de l’information immédiate sur le commentaire réfléchi, de la supériorité de la petite phrase du leader politique sur la cohérence du discours de son parti, de la course à l’audience et de la « vérité vendable » sur les réels débats. Sans trop exagérer, j’affirme que la médiacratie fait reculer la démocratie au temps des grandes propagandes.

Pour le politicien qui utilise la médiacratie, le citoyen est réduit à n’être qu’un simple « consommateur-à-séduire » plutôt qu’un réel « citoyen-décideur-participant » ce qui transforme en profondeur les relations entre le citoyen et la « réalité » politique.

Faut-il craindre la médiacratie ? Je pense qu’au minimum, nous devons nous en inquiéter. Quand l’importance de vendre son image (ou celui de son parti) l’emporte sur les idées, les débats et les enjeux, alors je dis que la démocratie est en chute libre.

Le Citoyen