Archive for the 'Démocratie' Category

Henry David Thoreau

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le janvier 6th, 2008

La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement? Jamais il n’y aura d’État vraiment libre et éclairé, tant que l’État n’en viendra pas à reconnaître à l’individu, un pouvoir supérieur et indépendant d’où découlerait tout le pouvoir et l’autorité d’un gouvernement prêt à traiter l’individu en conséquence.

Je me plais à imaginer un État enfin, qui se permettrait d’être juste pour tous et de traiter l’individu avec respect, en voisin; qui même, ne trouverait pas incompatible avec son repos que quelques-uns choisissent de vivre en marge, sans se mêler des affaires du gouvernement ni se laisser étreindre par lui, du moment qu’ils rempliraient tous les devoirs envers leurs voisins et leurs semblables. Un État qui porterait ce genre de fruit et accepterait qu’il tombât sitôt mûr, ouvrirait la voie à un État plus parfait, plus splendide, que j’ai imaginé certes, mais encore vu nulle part.

Henry David Thoreau (1817-1862)


Déjà, à la fin du 19ième siècle, la démocratie à son enfance, Thoreau entrevoyait les limites de cette nouvelle façon de gouverner. Jamais n’a-t-il dit que la démocratie était mauvaise en soit, mais il était assez lucide pour en comprendre ses failles. L’une d’elles était qu’un gouvernement centralisé, même élu démocratiquement, reste trop loin des besoins de ses citoyens. Une autre faille, majeure cette fois, est que le gouvernement se laisse trop souvent influencer par le « corporate interest » bien souvent au détriment de ses citoyens.

Les propos de Thoreau peuvent paraître, à première vue, dépassés. Après tout, depuis deux siècles de démocratie, nous avons vécus plusieurs améliorations; les droits de l’homme, vote des femmes, fin de l’esclavage, ouverture des services sociaux, et j’en passe. La liste des changements sociaux que la démocratie nous a apporté est si longue que des essaies et des livres entier lui on déjà été consacré. N’en est-il pas moins que les problèmes de base de cette magnifique démocratie reste présents encore aujourd’hui; un gouvernement trop centralisé et le « corporate interest » qui tire encore les ficelles.

Donc, dans cette optique, les propos de Thoreau deviennent très actuels : La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement?

Le Citoyen

Désobéissance civile

Publié dans Action Sociale, Démocratie le janvier 5th, 2008

Petite définition de la désobéissance civile

La désobéissance civile est définie comme « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon son opinion mûrement réfléchie, les principes de la coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés. »

Directe ou indirecte, la désobéissance civile est un acte politique ; elle vise la majorité qui a le pouvoir et défend des principes politiques. La désobéissance civile n’est pas fondée sur les intérêts d’un groupe mais est un recours à la conception commune de la justice qui sous tend l’ordre politique. Un acte public qui en appelle à des principes publics et se manifeste publiquement. Un acte non violent : elle est une « désobéissance à la loi dans le cadre de la fidélité à la loi ». La non-violence garantit la sincérité des motifs de conscience et se différencie de la menace.

Les conditions de la légitimité de la désobéissance civile

La désobéissance civile est un dernier recours pour remédier à une situation, après que l’utilisation de moyens légaux se soit révélée inefficace. On ne peut pas pour autant demander que tous les moyens légaux aient été épuisés, (car certains sont toujours utilisables, du fait de la liberté d’expression par exemple). Mais si la majorité s’est montrée aveugle ou apathique, on est en droit de supposer que de nouvelles tentatives seront veines et la désobéissance civile est légitime.

Il est essentiel de limiter l’extension de la désobéissance civile pour éviter l’« effondrement du respect de la loi et de la constitution » et pour garder à cet acte, son efficacité politique. Celui qui s’engage dans la désobéissance civile doit agir « rationnellement » et avoir pour objectif d’atteindre des buts justifiés et souhaités afin que son appel soit efficace et bien compris.

Le rôle de la désobéissance civile : stabilisation et maintien d’institutions justes

La désobéissance civile est un appel au sens de la justice de la majorité pour indiquer que les conditions de la libre coopération sont violées. Dès que l’on conçoit la société comme une coopération entre égaux, les victimes d’une grave injustice n’ont aucune raison de l’accepter. La désobéissance civile, même si elle est illégale, est un moyen de stabiliser un système constitutionnel, de maintenir et de renforcer des institutions justes. Son but est d’empêcher les manquements vis-à-vis de la justice. La désobéissance civile dérive de la conception publique de la justice.

La résistance non-violente ou action non-violente ou résistance passive est la pratique d’utiliser le pouvoir non-violent pour accomplir des objectifs socio-politiques au travers de protestations symboliques, non-coopération économique ou politique, désobéissance civile ou d’autres méthodes.

Les formes de la résistance non-violente sont extrêmement variées. Elles incluent par exemple la guerre de l’information (de l’édition de tracts à celle de journaux), l’art protestataire (graphique, musique, poésie), lobbying pour impliquer la communauté, , la résistance à l’imposition, le boycotts, la lutte via la diplomatie, le refus de récompense ou honneurs, le piquet de grève non-violent et/ou la grève générale.

Le Citoyen

L’assertivité

Publié dans Action Sociale, Démocratie le janvier 4th, 2008

Au niveau de l’individu, l’assertivité, ou avoir un comportement assertif, est la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Elle correspond à une attitude de fermeté; fermeté par rapport aux événements et à ce que l’on considère comme acceptable ou non, de façon à développer des relations plus harmonieuses.  L’assertivité consiste à exposer son point de vue, à défendre ses droits. Elle implique aussi la prise en considération des droits, des attentes et des sentiments d’autrui. Développer son assertivité, c’est donc face à une situation, développer son aptitude à définir clairement sa position, à la faire connaître, à la défendre sans agressivité tout en admettant des positions différentes de la part des autres.  En résumé, l’assertivité c’est prendre position, faire valoir ses droits… en somme; se tenir debout !

À un niveau plus large, celui de la société, l’assertivité se manifeste par la collectivité envers ses élus.  Puisque le droit de vote nous donne seulement le droit de choisir entre un parti ou un autre qui de toute façon ne changera pas la façon générale du gouvernement à gouverner (mondialisation, lute à la pauvreté, lobbying, scandales, gérer derrière portes closes, inaction, etc.), la collectivité doit donc faire valoir son assertivité, son besoin de changement, autrement.  La seule façon d’avoir un impact sur un gouvernement si éloigné du peuple qu’il le considère plus en statistique influençable qu’en citoyen à part entière est la désobéissance civile non violente.

Le Citoyen

Notre démocratie

Publié dans Démocratie le janvier 3rd, 2008

Notre démocratie a un effet pervers ; celui de limiter et de simplifier à l’extrême le spectre des décisions qui peuvent être prises par l’individu, commodément rabaissé au rang de simple consommateur détenteur d’un vote. Pour qu’un vote soit possible, les phénomènes complexes, avec leurs nombreuses causes et ramifications, doivent être réduits à des options limitées, voire carrément binaires : oui ou non, pour ou contre. La démocratie réduit le champ des possibles et étouffe ainsi toute possibilité de changement de façon extrêmement efficace. En cela, la démocratie fonctionne davantage comme un outil de justification du pouvoir étatique que d’un mode efficace de participation des individus aux décisions collectives.

Le Citoyen

Amour et démocratie

Publié dans Démocratie le novembre 18th, 2007

« On dit souvent, et avec raison, que la démocratie n’est ni une vertu statique ni un système stationnaire.  Comme on l’a vu plus tôt, la démocratie est du même ordre que l’amour.  Elle n’existe que lorsqu’elle se pratique !  L’absence de pratique ne ralentit pas le processus, elle l’éteint.  Il n’y a en somme que deux vitesse; marche avant et marche arrière, le neutre n’existe pas ! »

André Laroque

Désenchantement politique… mythe ou réalité ?

Publié dans Démocratie le novembre 18th, 2007

Comme je le mentionnais dans un précédant billet, les citoyens éprouvent plus que jamais un très grand désenchantement politique.  Historiquement parlant, l’intérêt pour tout ce qui est politique est à son plus bas et la tendance est toujours à la baisse.  Paradoxalement dans tous les salons, les tavernes et les cafés quand les gens ont finis de parler des chances du Canadiens pour les finales, de leurs maladies ou de leurs jobs plates, ils chialent tous contre notre gouvernement.  Ha! Je vois que vous venez de vous reconnaître…

Le problème n’est pas que les Québécois ne veulent rien savoir de la politique, c’est plutôt qu’ils ne savent rien sur le fonctionnement de la politique. 

Comme le disait René Lévesque :

“La tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné sur ses propres intérêts”

Malheureusement,  nos politiciens aujourd’hui semblent plus être intéressés par la crétinisation, la désinformation et la manipulation de ses citoyens pour arriver à ses fins.  Peu lui importe si la majorité des gens annulent ou s’abstiennent de voter par désintérêt, parce que nos lois prévoient que seulement les votes enregistrés pour l’un ou l’autre des partis « officiels » seront déterminants dans une élection.  Il est toujours plus facile de manipuler un petit groupe de citoyen que l’ensemble d’un peuple, donc pour cette raison, et seulement pour cette raison, aucun parti n’a avantage a garder votre intérêt éveillé pour la politique.

Le Citoyen

Reprendre le pouvoir… en route pour une vraie démocratie

Publié dans Démocratie le novembre 18th, 2007

Aujourd’hui, devant l’engourdissement des citoyens, les partis politiques prennent de plus en plus le contrôle de la vie quotidienne de ses citoyens. En réaction, les gens qui n’ont plus de contrôle sur leur société s’engourdissent et développent un dégoût pour tout ce qui touche à la politique. Et la roue continue, ce dégoût généralisé pour la politique donne carte blanche à nos politiciens puisqu’ils n’ont plus de compte à rendre à personne. Ce cercle vicieux engendre une spirale descendante qui mine la base même de la démocratie.

Ceux qui sont encore intéressé par la politique se regroupent au sein de partis politiques, là ou la « game » se joue. Malheureusement, la perspective de prendre le pouvoir, non pas le pouvoir au profit du citoyen, mais le pouvoir au profit du parti et de ses dirigeants demande un fort esprit de parti qui fini par écraser les aspirations d’une société meilleure de chacun de ces membres. Parlez-en à Mario Dumont qui change son discours à chaque sondage expressément dans le but d’être élue à la tête du gouvernement. Il n’est pas le seul, ils le font tous. Ainsi, la ligne directrice d’un parti demande une pensée unique de tous ces membres dictée par son chef. La moindre déviation soulève instantanément des représailles de la haute direction, voir même l’expulsion du parti. Cette façon de faire, accepté tacitement par nous le peuple par notre inaction, confère trop de pouvoir à un groupe trop petit, voir même à un seul homme. Un homme qui contrôle la destinée d’un peuple ressemble plus à une oligarchie, une monarchie ou même (j’exagère… mais pas tant que ça) à une dictature. Voter au quatre ans ne nous donne pas le droit de prétendre à une démocratie.

Il est plus que temps que les citoyens reprennent le pouvoir !

Le Citoyen

Cacher la vérité ou « les mots interdits à l’assemblée Nationale »

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le octobre 20th, 2007

« Girouette » est devenu le 222ième mots (ou expressions) à tomber à l’Index des interdits à l’Assemblée Nationale. Le règlement 35 de l’Assemblée interdit à un député de se servir d’un langage violent, injurieux ou blessant à l’adresse de qui que ce soit.

J’ai trouvé la liste des 222 interdits inscrits à l’Index. J’en ai trouvé plusieurs qui soient carrément et visiblement des insultes à l’adresse de quelqu’un ou d’un groupe visé et de ce fait doivent être bannis du vocabulaire de gens matures qui doivent débattre d’enjeux important pour la société. Jusque-là je suis d’accord avec cette Liste. Par contre, il y en a plusieurs autres qui sont désormais interdits et je me demande sincèrement si la Chambre Parlementaire n’essaie tout simplement pas d’interdire la vérité trop crue.

J’inclus à la fin de ce billet une liste très partielle des interdits qui me font me poser des questions sur l’intégrité (oups, un autre mot à bannir) du président de l’Assemblée Nationale.

Personnellement, si un député m’accusait faussement de trafiquer, de vol des surplus, de tromper cette chambre, de tricherie… je ne me cacherais pas derrière le président en demandant le retrait de cette grossièreté. Je demanderais à mon détracteur de prouver ses dires ou bien de les rétracter sinon il devra faire face à une poursuite pour diffamation. À l’inverse, si ces dires s’avéraient fondés, j’aurais à faire face aux conséquences. Thats it !

Dire les vrais choses, ça c’est la base de la démocratie. Si nos parlementaires ne sont même pas capables de se parler franchement pour débattre des enjeux importants, ils n’ont pas leur place à la tête de notre société. Peut-être aussi qu’ils aiment simplement faire un Big Show pour augmenter la côte d’écoute de la Télé-Réalité Parlementaire (voir billet antérieur).

Voici la liste partielle mais inquiétante des Interdits Parlementaire;

Yes-man, voler, vol des surplus, tromper cette chambre, tromper la population, tromper les Québécois, Tromperie, vérité, tricherie, tricher, trafiquer, système qui récompense les amis du régime, supercherie, stupidités, sciemment induire en erreur, pot-de-vin, pickpockets, mentir, menteur, menterie, mensonge, mauvaise foi, mascarade, lâcheté, mains sales, malhonnête, manipulation, manque d’intégrité, intimidation, ingérence politique éhontée, indécence, incriminer, incompétence, imposture, hypocrisie, geste antidémocratique, fraude électorales, fausseté, favoritisme, flouer les citoyens, fausses représentations, façon indue, étouffé cette affaire, demi-vérité, détourner de l’argent, dissimuler des documents, déformer la vérité, contribuer à la caisse électorale, connivence, cautionne les gestes qui avaient été posés, camoufler une manœuvre politique, camoufler cette affaire, cacher la réalité,

Le Citoyen

Démocratie malade ?

Publié dans Démocratie le septembre 30th, 2007

Le concept de démocratie s’oppose à tyrannie, oligarchie, monarchie, hiérarchie, totalitarisme.  Les démocrates sont du côté des bons, les partisans de la liberté, et se sont toujours opposés aux méchants, partisans de tous les systèmes détestables nommés plus haut. Entre un Staline et un politicien social-démocrate démocratiquement élu, on n’aurait aucune hésitation à choisir d’être gouverné par le dernier.  Difficile donc, de prime abord, de s’y opposer. Mais il faut voir plus loin que son nez. 

La logique démocratique fait en sorte que pour avoir de bonnes chances d’être élus, les politiciens doivent céder aux pressions de divers groupes organisés et influents qui demandent privilèges et redistributions de la richesse à leur profit, en échange d’appuis électoraux. Ceci se fait bien sûr aux dépens des citoyens, qui voient leur liberté et leur droit de parole constamment diminuée.  En fait, il est devenu pratiquement impossible pour un politicien de connaître le succès sans jouer à ce jeu.  Même si la démocratie est toujours préférable au totalitarisme fasciste ou communiste, elle est devenue un système de plus en plus tyrannique.  

Notre démocratie sert aujourd’hui avant tout les intérêts des collectivistes et des étatistes et toutes les formes de tyrannie deviennent ainsi justifiées, dans la mesure où les politiciens reçoivent un mandat démocratiquement obtenu.

Se dire représentant de l’électorat alors que le politicien travail en réalité pour les groupes influents (l’argent) fait en sorte que l’État est constamment en crise: crise budgétaire, crise de relations de travail, crise du système de santé, dépassement de coûts, corruption, scandales…  Et tant mieux si notre démocratie est en crise, parce qu’elle est devenu un système dépassé et immoral.  La solution que je propose n’est pas de mieux faire fonctionner ce système en tentant de l’influencer de l’intérieur, en participant au jeu, mais bien de le démanteler et de recommencer à la base.  De profiter de nos expériences passées et d’assurer de ne pas commettre les mêmes erreurs que nos prédécesseurs.

Le Citoyen

Démocratie ou Monarchie ?

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le septembre 30th, 2007

Régulièrement, on essaie de nous faire croire que nous vivons dans une démocratie évoluée. Ceci est bien loin d’être l’avis du Citoyen.  Le fait est que nous vivons dans une sorte de monarchie.

Monarchie d’une part parce que les partis politiques sont des institutions qui séparent le monde en deux; les Élus et le peuple.  Et d’une autre part parce qu’une fois le gouvernement nommé, le peuple doit subir sans aucun contrôle, jusqu’aux prochaines élections, les décisions prisent à huis clos par la prétendue élite au pouvoir.  Aussi parce que le l’annulation d’un vote n’est pas reconnu dans le code électoral.  Un respect pour l’expression citoyenne très relatif, pour le moins. Ainsi, nous n’avons que le droit de choisir mos représentants parmi ceux qu’un système préélectoral nous impose !

Comment puis-je faire savoir aux partis engagés dans ce duel électoral que personne ne me convient, que je voudrais d’autres critères sélectifs.  Je veux d’autres approches politiques pour me représenter.  Et surtout, j’aimerais pouvoir leur dire; cessez de vous foutre de ma gueule, s’il vous plait, vos manigances de politiciens ne représentent pas mes valeurs !

Finalement, puisque le Québec ne possède pas de constitution (en passant, pas obligé d’être un pays pour en avoir une) je vais vous citer quelques lignes de la constitution française de 1793 :

  1. La souveraineté réside dans le peuple; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.
  2. Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté.
  3. Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.
  4. La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme. Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
  5. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Le Citoyen

Un parti ou un autre… pas de différence !

Publié dans Démocratie le septembre 30th, 2007

Selon une classification qui remonte à Aristote, la démocratie est censée être un régime politique où c’est l’ensemble du peuple qui détient la souveraineté, par opposition à l’aristocratie et à la monarchie qui est un petit groupe ou un seul individu qui détient le pouvoir.  En théorie, tout le monde a un certain droit de regard sur le choix d’un gouvernement démocratique.  Mais, la réalité est tout autre, parce que, dans notre démocratie actuelle, le pouvoir reste concentré dans les mains d’un petit groupe. 

Ce groupe peut gouverner à sa guise et se permettre à peu près n’importe quoi tant qu’il garde l’appui d’une majorité des électeurs (majorité qui, dans un régime électoral comme le nôtre n’a pas à être absolue; les résultats des dernières élections fédéral et provincial le prouvent bien). Contrôlant l’appareil d’État, le système judiciaire, le système d’éducation, etc., et ayant à sa disposition des fonds inépuisables et des centaines de milliers d’employés, ce groupe dispose de moyens gigantesques pour influencer l’opinion publique, pour récompenser et motiver ses supporters et pour entretenir tout un réseau qui lui permettra de se maintenir au pouvoir. 

On pourrait trop facilement répliquer que la démocratie nous permet de mettre ce groupe à la porte si nous sommes insatisfaits de la façon dont il nous gouverne.  En fait, notre choix est très limité.  Notre système démocratique fait en sorte qu’il est pratiquement impossible de devenir compétitif sur le marché électoral sans jouer le même jeu, sans faire les mêmes promesses, sans chercher à convaincre une majorité qu’ils tireront plus de profits que de pertes des décisions du futur gouvernement.  Ce système fait en sorte qu’il est impossible de se maintenir au pouvoir sans créer son propre réseau et sans entretenir une partie de la population aux dépens du reste, supposément pour notre bien-être à tous.  Les groupes adverses, lorsqu’ils délogent le parti au pouvoir, finissent toujours par exercer le pouvoir plus ou moins de la même façon, quel que soit leur programme.

Donc, un parti ou un autre… Pas de différence !  Ce qu’il faut c’est de repartir à zéro, de jeter aux poubelles notre démocratie dans sa forme actuelle et de recommencer à nouveau.  Peut-être avec une autre forme de démocratie, peut-être avec totalement autre chose.  Ce n’est pas parce que c’est pire ailleurs que je devrais me contenter d’un système médiocre ici.

Le Citoyen

Le populisme

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le septembre 23rd, 2007

Les débats que les partis politiques nous livrent depuis un bon bout de temps ne sont ni sociaux, ni fiscaux, ni économiques. Ils sont superficiels (imaginez un vendeur de chars usagés. Pense-t-il au futur ou à sa vente rapide en se foutant complètement des conséquences pour son client). Ils jouent sur les sentiments, ils misent sur les réactions prévisibles des gens. Il n’y a qu’un mot pour cela: le populisme. Une maladie politique où la gauche et la droite sont également atteint et pour l’instant il ne semble pas y avoir de cure. Le populisme est un fléau, parce qu’avec des idées simplistes, mais populaires, on empêche les débats intelligents, on nourrit les préjugés, on encourage les réflexes primaires qui rendront encore plus difficiles les efforts pour remettre le Québec sur pied.

Le Québec est, depuis une dizaine d’années, entré dans une nouvelle phase sociopolitique, celle de la révolution populiste. C’est une grande tendance de l’opinion publique, véhiculant un désenchantement envers l’État.

En réaction à ce mouvement populaire, tous les partis ont réagis de la même façon ; c’est-à-dire qu’au lieu d’investirent du temps à mieux informer les citoyens du comment et du pourquoi de leurs actions, ils ont tous décidé de jouer la stratégie de la poudre aux yeux. Disons aux gens ce qu’ils veulent entendre et faisons ce que nous voulons. En sommes tous les partis ont vite appris qu’il ;

- faut moins parler d’État et de bonne gestion (social-démocrate ou néo-libérale) ou même de gouvernement car les gens en ont ras le bol et c’est mauvais pour attirer les votes

- faut aussi oublier les enjeux traditionnels devenus rengaines répétitives (santé, éducation) pour parler plutôt du climat social, des pertes d’emplois aux accommodements raisonnables en passant par les gaz à effet de serre.

- faut faire des promesses d’argent concrètes aux gens (baissent d’impôts), c’est l’aspect pro citoyen radical de cette tendance qui demande un État père Noël!

- ne faut plus parler de souveraineté de type anti-colonialiste canadien, chère au PQ, qui est désormais un archaïsme invendable. Les citoyens veulent du tangible et du concret. Ils veulent quelque chose, comme pour les enfants, qu’ils peuvent profiter tout de suite

Malheureusement, ce que les politiciens ne semblent pas comprendre en adoptant cette pensée populiste, c’est que pendant qu’ils font tout pour gagner des votes rapidement, ils oublient la vraie raison d’être d’un gouvernement ; c’est-à-dire de gouverner et de prendre des décisions en bon père de famille qui affecteront en bien le Québec en entier pour l’avenir.

Malheureusement, ce que les citoyens ne semblent pas comprendre c’est que cette stratégie est équivalente à donner un bonbon à un enfant pour l’arrêter de brailler ou à mettre son doigt dans le trou du barrage pour empêcher la fuite. Éventuellement le barrage cédera et qui pensez-vous en paiera les conséquences ? Il n’y a présentement pas de cure à ce fléau simplement parce que les citoyens aiment mieux se faire promettre des chimères qui font du bien à entendre que de se faire dire la vérité. Arrêtez d’être des enfants et exiger de vous faire dire la vérité. Moi quand je paie un charpentier, je ne veux pas qu’il me dise que tout va bien alors que ma maison est en train de s’écrouler. C’est mon argent et c’est ma maison, je veux qu’on me dise la vérité… Je l’exige !

Le Citoyen

Abstentionniste (2)

Publié dans Démocratie le septembre 17th, 2007

Matchafa, ne te décourage surtout pas. Bien qu’il soit vrai que les partis se serviront seulement des votes accumulés pour élire un gouvernement, la pression est ressenti. Pourquoi pense-tu que tous les partis sont maintenant des partis populistes bien avant d’être de gauche ou de droite. La baisse d’impôt de 950$ million qui te donne finalement seulement 200$ dans tes poches à la fin de l’année est un exemple flagrant d’un parti qui sent le manque d’intérêt des citoyens et qui fait miroiter des bombons, pour attirer momentanément l’attention de ses enfants.

Ne craint pas, le message passe. Maintenant, la deuxième étape (mais sommes nous prêt au Québec), c’est la solidarité. Ça aussi ça marche bien quand les gens participent. Deux exemples récents; le Casino à Pointe St-Charles et les frais de scolarité. Les gens doivent apprendre que se tenir debout rapporte.

Le Citoyen

Élection voilée

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le septembre 17th, 2007

Je suis très content que certains électeurs, québécois, aient choisi d’aller voter en portant le voile en signe de protestation aux accommodements ridicules qui vont à l’encontre de nos lois. C’est pas parce qu’on demande au gens de respecter nos lois que nous sommes racistes !

Je ne voudrais pas vivre dans un pays qui forcerait ces citoyens a suivre une seule religion.  Les gens peuvent pratiquer celles qu’ils veulent.  Par contre ce n’est pas au gouvernement a se plier en quatre et a changer ses lois a tout bout de champ pour accommoder chaque individu ou chaque petit groupe de gens.  Les droits individuels doivent être respectés mais à l’intérieur d’une collectivité régie par un ensemble de lois.  C’est ça vivre en société.

J’aurais bien aimé voir un de ces québécois voilé se faire refuser le droit de voter. En même temps je ne peux pas faire autrement que de me demander dans quel sorte de pays de clown on vie quant on peut aller voter déguisé en cowboy…

Le Citoyen

Fait ta part

Publié dans Démocratie le septembre 10th, 2007

Si ta culture t’intéresse, visite ce site;

http://www.accommodements.qc.ca/index.html

Le citoyen n’est plus, vive le consommateur!

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

Le libre marché est associé par beaucoup d’économistes et de politiciens à la démocratie. Pour eux, la démocratie est favorisée par le libre marché. Or, celui-ci impose la déréglementation, le non-interventionnisme de l’État dans l’économie et un niveau bas d’imposition pour les citoyens.

Dans un tel cas, l’État est dépossédé de plusieurs pouvoirs qui ont un impact significatif sur la vie des gens. Par conséquent, l’effet réel du libre marché sur la démocratie est de déposséder le citoyen d’une certaine partie de son pouvoir. Prenant conscience de cette impuissance de la politique, les individus s’enfoncent dans le modèle de consommation offert par l’économie néo-libérale dans laquelle il semble avoir une puissance plus effective. Plus leur pouvoir de consommation est grand, plus leurs désirs peuvent être comblés et plus ils sont « heureux ». C’est pourquoi, quand un gouvernement annonce des milliards en baisse d’impôt, les individus sont charmés par l’apparente augmentation de leur pouvoir d’achat et de leur «bonheur».

Dans ce contexte, les politiciens doivent utiliser les armes du marché pour obtenir le pouvoir. En effet, puisque la consommation est le mode de vie des citoyens, les politiciens doivent se soumettre aux principes du commerce pour attirer l’électorat. Aujourd’hui, le spécialiste en communication est la personne la plus influente dans l’entourage des politiciens. De plus, les sondages, les études de marché, de même que les «focus-groups» sont une partie essentielle du paysage politique de nos jours.

L’individu qui se sent dépossédé de son pouvoir citoyen devient donc un consommateur de la politique. Il ne choisit pas de quelle façon la société devrait être orientée. Il se contente de magasiner parmi un choix prédéterminé de candidats et de formations politiques, ce qui est le mieux en fonction de ses besoins spécifiques. Il n’y a pas d’espace public dans lequel les citoyens décideraient eux-mêmes de tout cela. Ils ne font qu’entendre parler les politiciens et les analystes, sans pouvoir intervenir eux-mêmes dans le débat. L’écoute passive devient source d’endoctrinement. La démocratie ne devient alors qu’une sorte de libre marché. Tout est régi par l’offre et la demande: une offre prédéterminée par un nombre fixe de circonscriptions, un système politique défini, des plates-formes politiques décidées par les partis et des candidats choisis par ces mêmes partis.

La demande, quant à elle, est conditionnée par l’absence de lieux de discussion publique, par un traitement souvent biaisé de l’information, par l’impuissance du citoyen qui se réfugie dans la consommation et par un laisser faire de plus en plus marqué des individus. Aussi, la faible participation des citoyens permet une logique de nivellement par le bas. En effet, moins il y a de gens, moins il y a de sélection et moins les élus sont soumis à un contrôle. Ce qui laisse une place de plus en plus grande à des gens incompétents.

Et, pour remettre en question ce système, pour se poser des questions significatives, pour se donner un projet de société, pouvons-nous compter sur ces gens? La démocratie ne devrait pas permettre ce genre de scénario, c’est-à-dire une société dirigée par des ignares, des opportunistes et des incompétents. Ils ne le sont pas tous, mais il y a une brèche qui en laisse passer plusieurs. La démocratie ne doit pas permettre un tel nivellement par le bas. Elle doit arriver à tirer le meilleur en chacun afin qu’ensemble nous puissions mener notre société vers ce qui est le mieux, ce que nous avons choisi.

Certes, les politiciens et les fortunés de ce monde sont responsables de cette dérive démocratique. Mais nous le sommes tous par notre passivité et notre inaction. Nous nous retirons nous-mêmes le pouvoir que nous possédons. Le modèle de consommation est désormais appliqué à la politique. Les politiciens se présentent comme des objets de consommation qui sont testés, mis en marché et jetés après usage.

Quand nous allons magasiner, nous choisissons parmi un étalage d’objets fournis par les fabricants. Nous payons le prix qu’ils demandent et, en cas de problème, nous rageons contre le service après-vente préenregistré. Un éveil s’impose donc. Allons-nous continuer d’attendre ce qui n’arrivera jamais ou est-ce que nous allons prendre notre destinée en mains?
Si une campagne électorale ne permet pas de vrais choix, de débattre de questions fondamentales, si elle ne fournit pas de projet de société, cela devrait suffire à éveiller une certaine colère chez les individus ou, du moins, à froisser le sentiment démocratique en chacun de nous, il serait peut-être pertinent de montrer aux politiciens qui sont les décideurs dans cette société: pas le libre marché, ni l’image, ni les sondages, mais les citoyens.

par Bruno Tremblay, Étudiant en philosophie

De la frime…

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

Ceux que nous mandatons ne nous représentent pas! Comment expliquer que ceux qui viennent solliciter nos votes nous oublient aussitôt au pouvoir? La réponse se trouve certainement dans le mode de financement des partis politiques, dans les millions de dollars qu’il faut investir pour une campagne électorale. Quand le Premier ministre du Québec doit choisir entre l’intérêt d’une multinationale ou d’un riche investisseur qui verse des millions de dollars à sa caisse électorale et celui d’une poignée de citoyens (qui ne sont peut-être même pas membres en règle de son parti) vous pouvez être certain que les dollars gagneront à chaque fois.

Le Citoyen

L’illusion de démocratie

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

La définition du mot démocratie, selon le dictionnaire Robert, est une « doctrine politique selon laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens ». Si on regarde l’étymologie de « démocratie », on y retrouve « demos » qui signifie peuple et « cratie » qui signifie force, puissance! Mais au Québec, sommes-nous vraiment en démocratie?

Nos députés sont absents de nos comtés et passent leur temps à l’Assemblée nationale. Sauf pendant les périodes électorales, combien d’entre vous pouvez affirmer avoir vu leur député faire une visite de quartier? Qui peut se vanter d’avoir un accès facile à son député, de recevoir une écoute active de sa part, de bénéficier d’une solution pratique et rapide pour régler le problème auquel il fait face? De toutes façons, les députés d’arrière banc n’ont que peu de pouvoirs.

Pour le gouvernement, l’intérêt de la population ne fait pas le poids face à celui des grandes entreprises. Il y va de l’intérêt de ces entreprises que le peuple se croie en démocratie. En effet, aussi longtemps que le peuple se croira en démocratie, cela évitera toute révolution, garantira la paix sociale et assurera la stabilité économique. Aussi longtemps que le citoyen se croira en démocratie parce qu’il peut choisir quelle marque et quelle couleur de voiture il va acheter, ou chez quelle pétrolière il paiera de toute façon 1,15 $ le litre d’essence, ou encore sur quelle chaîne de radio ou de télé on le désinformera, la démocratie ne restera qu’un concept très théorique.

Le Citoyen

Une pensée

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

“La tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné sur ses propres intérêts”

René Lévesques

La réforme du mode de scrutin dans les limbes parlementaires

Publié dans Démocratie le juillet 25th, 2007

Je vous présente un texte de Paul Cliche que je reprends intégralement pour sa critique pertinente sur notre démocratie défaillante.  J’espère que vous apprécierez. 

La saga de la réforme du mode de scrutin se poursuit de plus belle au Québec. Après avoir failli faire l’objet d’un projet de loi, l’automne dernier, ce dossier est maintenant ni plus ni moins que relégué aux oubliettes des limbes parlementaires.

Depuis les dernières élections, c’est en effet l’immobilisme le plus complet qui prévaut à ce sujet autant au gouvernement que dans l’opposition. Motus et bouche cousue semble être le mot d’ordre. Ministres comme députés de toutes allégeances ne semblent savoir que faire d’une pétition signée par plus de 15 000 citoyens, ce printemps, afin d’obtenir que les prochaines élections se déroulent avec un nouveau mode de scrutin produisant des résultats proportionnels.

Charest et ses députés bloquent la réforme
On se souvient que le premier ministre Charest s’était engagé, lors de la campagne électorale de 2003, à réformer, dès son premier mandat, le mode de scrutin majoritaire actuel pour y introduire des éléments de proportionnalité. Il voulait ainsi éviter que son parti subisse de nouveau les mésaventures survenues en 1944, en 1966 et encore 1998 alors qu’il avait été vainqueur dans les urnes mais défait en nombre de sièges parlementaires à cause des distorsions causées par le mode de scrutin majoritaire actuel. Le chef libéral n’a pas respecté cet engagement. Et depuis sa réélection le 26 mars dernier, il agit comme si la question ne se posait plus, s’abstenant même de mentionner le sujet dans ses interventions. Bien entendu, le discours inaugural de la session, où le gouvernement énonce ses priorités législatives, a été, lui aussi, muet sur le sujet.

Pourtant, les grandes lignes d’un projet de loi, qui était pratiquement prêt à être déposé au Parlement, attendent depuis l’automne dernier le feu vert du premier ministre. À la suite de la commission parlementaire, qui a eu lieu au début de 2006 pour étudier un avant-projet de loi libéral, le ministre responsable du dossier, Benoît Pelletier, avait promis le dépôt d’un tel projet de loi avant la fin de 2006. La tâche lui était facilitée par le fait que, lors de cet exercice de consultation, de larges consensus s’étaient dégagés tout autant sur la nature du système envisagé (scrutin mixte avec compensation) que sur des modalités importantes comme le fait d’avoir deux votes.

Mais des élus municipaux en provenance de régions périphériques, ayant à leur tête la Fédération québécoise des municipalités (FQM), se sont détachés de ce consensus, disant craindre un affaiblissement du poids politique des régions. Leur position a vite prévalu, au sein de la députation libérale, sur celle qu’avaient exprimée plusieurs centaines d’organismes et de citoyens devant la commission. Au cours de l’automne, le caucus des députés libéraux a donc bloqué la proposition que le ministre Pelletier voulait transformer en projet de loi. Appelé à trancher en dernier ressort, le premier ministre Charest — avec lequel le président de la FQM avait communiqué pour s’opposer au nom de 7000 élus municipaux représentant 915 municipalités — s’est vite rangé du côté du caucus.

Encore une fois le «lobbying» l’a emporté sur les résultats d’une consultation publique. «Votre opinion est fondamentale!», clamait pourtant la campagne de publicité que le gouvernement avait menée pour susciter la participation populaire à la commission parlementaire de 2006. Quel leurre!

Devant ce cul-de-sac, le ministre Pelletier a référé le dossier au Directeur général des élections (DGE), en décembre dernier, pour lui demander son avis sur certains aspects du dossier. Ce dernier devait s’exécuter dans un délai de six mois. Mais le ministre a consenti à reporter le délai en décembre prochain. Ainsi, il aura fallu un an au DGE pour répondre à quelques questions à propos desquelles un politicologue spécialisé en systèmes électoraux ferait connaître son opinion en l’espace de quelques jours

L’opportunisme de Mario Dumont
Par ailleurs, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, dont le parti a fait de l’instauration de la proportionnelle un de ses principaux engagements, semble s’être empressé d’oublier cette promesse. Promu chef de l’opposition officielle, il s’est bien gardé de se prononcer sur la question depuis les élections alors que, logiquement, il aurait dû dénoncer l’incurie du gouvernement Charest et même présenter lui-même un projet de loi, comme il l’a fait dans d’autres domaines.

On se rappelle que l’ADQ a été la principale victime, lors des élections de 1994, 1998 et 2003, de la loi d’airain du scrutin majoritaire, qui favorise fortement le bipartisme. Mais c’est aussi un secret de polichinelle que Dumont ne pense qu’à prendre le pouvoir lors des prochaines élections et qu’il espère bien que son parti va enfin profiter des largesses que le scrutin majoritaire dispense généralement aux vainqueurs.

Quant au Parti québécois, il a annoncé, lors de la commission parlementaire de 2006, que s’il était élu il reporterait la réforme du mode de scrutin après l’accession du Québec à la souveraineté. On ne sait pas encore si sa position va changer avec l’arrivée à sa tête de Pauline Marois. Ce parti reviendra-t-il à sa position initiale, celle que son fondateur René Lévesque, qui qualifiait le scrutin majoritaire de «démocratiquement infect», avait fait inscrire dans son programme comme une priorité dès 1969? On sait que cette formation est divisée sur le sujet depuis que le premier ministre Lévesque, qui s’apprêtait en 1984 à déposer un projet de loi instaurant un scrutin proportionnel régional, a été victime d’une fronde de son caucus et a dû retraiter.

Les Ontariens en référendum en octobre
Pendant qu’au Québec on étire péniblement une saga qui a pris naissance dans les années 1970, les citoyens de l’Ontario sont convoqués à un référendum pour se prononcer sur un projet de réforme préparé par une assemblée de citoyens dont les membres ont été choisis au hasard. Ce dernier aura lieu en octobre prochain en même temps que les élections tenues à date fixe dans cette province. Cet organisme n’a commencé ses travaux qu’en septembre dernier. Les électeurs ontariens auront à se prononcer sur un système mixte avec compensation semblable à celui préconisé par les libéraux et l’ADQ au Québec. Un exercice semblable a eu lieu en Colombie-Britannique en 2004 et 2005.

Le gouvernement libéral québécois refuse de suivre l’exemple des gouvernements libéraux de ces deux provinces. Il ne veut absolument pas se départir d’une prérogative qu’il considère quasiment comme sacrée. Pourtant, les élus, quelle que soit leur allégeance partisane, se placent automatiquement en conflit d’intérêt lorsqu’ils entendent décider d’une question comme la réforme du mode de scrutin, qui concerne leur avenir politique personnel et celui de leur parti. Au Québec, en 2007, la plupart des politiciens qui nous représentent n’ont pas encore admis cette évidence!

Paul Cliche  25 juillet 2005