Petite définition de la désobéissance civile
La désobéissance civile est définie comme « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon son opinion mûrement réfléchie, les principes de la coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés. »
Directe ou indirecte, la désobéissance civile est un acte politique ; elle vise la majorité qui a le pouvoir et défend des principes politiques. La désobéissance civile n’est pas fondée sur les intérêts d’un groupe mais est un recours à la conception commune de la justice qui sous tend l’ordre politique. Un acte public qui en appelle à des principes publics et se manifeste publiquement. Un acte non violent : elle est une « désobéissance à la loi dans le cadre de la fidélité à la loi ». La non-violence garantit la sincérité des motifs de conscience et se différencie de la menace.
Les conditions de la légitimité de la désobéissance civile
La désobéissance civile est un dernier recours pour remédier à une situation, après que l’utilisation de moyens légaux se soit révélée inefficace. On ne peut pas pour autant demander que tous les moyens légaux aient été épuisés, (car certains sont toujours utilisables, du fait de la liberté d’expression par exemple). Mais si la majorité s’est montrée aveugle ou apathique, on est en droit de supposer que de nouvelles tentatives seront veines et la désobéissance civile est légitime.
Il est essentiel de limiter l’extension de la désobéissance civile pour éviter l’« effondrement du respect de la loi et de la constitution » et pour garder à cet acte, son efficacité politique. Celui qui s’engage dans la désobéissance civile doit agir « rationnellement » et avoir pour objectif d’atteindre des buts justifiés et souhaités afin que son appel soit efficace et bien compris.
Le rôle de la désobéissance civile : stabilisation et maintien d’institutions justes
La désobéissance civile est un appel au sens de la justice de la majorité pour indiquer que les conditions de la libre coopération sont violées. Dès que l’on conçoit la société comme une coopération entre égaux, les victimes d’une grave injustice n’ont aucune raison de l’accepter. La désobéissance civile, même si elle est illégale, est un moyen de stabiliser un système constitutionnel, de maintenir et de renforcer des institutions justes. Son but est d’empêcher les manquements vis-à-vis de la justice. La désobéissance civile dérive de la conception publique de la justice.
La résistance non-violente ou action non-violente ou résistance passive est la pratique d’utiliser le pouvoir non-violent pour accomplir des objectifs socio-politiques au travers de protestations symboliques, non-coopération économique ou politique, désobéissance civile ou d’autres méthodes.
Les formes de la résistance non-violente sont extrêmement variées. Elles incluent par exemple la guerre de l’information (de l’édition de tracts à celle de journaux), l’art protestataire (graphique, musique, poésie), lobbying pour impliquer la communauté, , la résistance à l’imposition, le boycotts, la lutte via la diplomatie, le refus de récompense ou honneurs, le piquet de grève non-violent et/ou la grève générale.
Le Citoyen
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