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Henry David Thoreau

La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement? Jamais il n’y aura d’État vraiment libre et éclairé, tant que l’État n’en viendra pas à reconnaître à l’individu, un pouvoir supérieur et indépendant d’où découlerait tout le pouvoir et l’autorité d’un gouvernement prêt à traiter l’individu en conséquence.

Je me plais à imaginer un État enfin, qui se permettrait d’être juste pour tous et de traiter l’individu avec respect, en voisin; qui même, ne trouverait pas incompatible avec son repos que quelques-uns choisissent de vivre en marge, sans se mêler des affaires du gouvernement ni se laisser étreindre par lui, du moment qu’ils rempliraient tous les devoirs envers leurs voisins et leurs semblables. Un État qui porterait ce genre de fruit et accepterait qu’il tombât sitôt mûr, ouvrirait la voie à un État plus parfait, plus splendide, que j’ai imaginé certes, mais encore vu nulle part.

Henry David Thoreau (1817-1862)


Déjà, à la fin du 19ième siècle, la démocratie à son enfance, Thoreau entrevoyait les limites de cette nouvelle façon de gouverner. Jamais n’a-t-il dit que la démocratie était mauvaise en soit, mais il était assez lucide pour en comprendre ses failles. L’une d’elles était qu’un gouvernement centralisé, même élu démocratiquement, reste trop loin des besoins de ses citoyens. Une autre faille, majeure cette fois, est que le gouvernement se laisse trop souvent influencer par le « corporate interest » bien souvent au détriment de ses citoyens.

Les propos de Thoreau peuvent paraître, à première vue, dépassés. Après tout, depuis deux siècles de démocratie, nous avons vécus plusieurs améliorations; les droits de l’homme, vote des femmes, fin de l’esclavage, ouverture des services sociaux, et j’en passe. La liste des changements sociaux que la démocratie nous a apporté est si longue que des essaies et des livres entier lui on déjà été consacré. N’en est-il pas moins que les problèmes de base de cette magnifique démocratie reste présents encore aujourd’hui; un gouvernement trop centralisé et le « corporate interest » qui tire encore les ficelles.

Donc, dans cette optique, les propos de Thoreau deviennent très actuels : La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement?

Le Citoyen

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