Archive for janvier, 2008

Survivons quand même

Publié dans Action Sociale le janvier 31st, 2008

C’est le 400e anniversaire de l’Amérique française, mais mon peuple a été reconquis puisqu’il ne veut plus survivre. La guerre de l’abrutissement qui sévit dans toute l’Amérique contre toutes les singularités aura eu raison de lui, soumis à la même vague qui rend l’océan des peuples étale, morte.

Les gens ne veulent plus, ils n’ont plus le désir d’être eux-mêmes. Ils sont prêts à troquer leur passé et leur langue contre un prêt sans intérêt à la banque. Vendre sa langue au diable, voilà ce que nous sommes prêts à faire depuis que nous sommes abrutis. Dans les cafés, les conversations ne lèvent plus, elles avortent après quelques pâles échanges. C’est si fatigant de réfléchir!

Nous devrions peut-être relire, pendant qu’il nous reste encore un peu de force, Antoine de Saint-Exupéry quand il évoque ce pilote dont l’avion s’est écrasé et qui marche dans la neige. Il ne marche plus pour lui, non, car il n’y croit plus, il veut se laisser mourir dans la neige. Ce serait si facile! Mais il marche pour ceux qui l’attendent, il se dit qu’il n’a pas le droit de les décevoir. Cela le soutient et lui permet de continuer. Il dira par la suite: «Ce que j’ai fait, aucune bête ne serait arrivée à le faire.»

Comme femme du Québec, j’ai envie de dire à mon peuple: même si nous ne savons plus pourquoi nous devons survivre, survivons quand même, l’abrutissement généralisé nous guette. Avoir le dessin de résister dans notre différence chez nous en Amérique, en donner l’exemple à tous les peuples opprimés du monde, n’est-ce pas le plus noble des destins ?

France Marcotte, Montréal, le 28 janvier 2008 (Le Devoir)

Génération A

Publié dans Critique Sociale le janvier 27th, 2008

Après les génération des Baby-Bomer, les X, la souvent oubliée Nexus et finalement les Y, la génération A arrive a grand pas.

« A » pour abruti.  Vous allez sûrement me trouver un peu, pas mal, beaucoup méchant, mais faut dire les choses telles quelles sont.  Notre gouvernement, dans son infinie sagesse, continu de nous imposer de nouvelles réformes scolaires pour supposément diminuer le décrochage.  Les trois dernières sont particulièrement intéressantes;

Premièrement, plus de note dans les bulletins de vos enfants, seulement des lettres.  Cette mesure était supposée enlever la pression sur les épaules des étudiants, d’enlever la compétitivité à l’école.

Deuxièmement, les épais, les morons et les sans cœurs ne peuvent plus doubler leur année scolaire.  Ben non, le flo de secondaire 3 fini son année avec une moyenne générale de 45, oups j’oubliais ça se peut plus, je voulais dire une moyenne générale de F, et hop, comme par magie il passe au secondaire 4.  Si vous pensez que cette graduation fera des miracles pour son ego et qu’il ne décrochera pas, vous vivez sur quelle planète.  Hey ! Si y comprenait rien à la matière de l’an passé…  y comprendra encore moins la matière avancée de cette année !!!  Vous allez le perdre, littéralement.  Je vous vois venir avec vos « ce sont pas tous des morons, des sans cœur, etc… y’en a qui ont des problèmes d’apprentissage ».  C’est justement pour ceux là que cette belle réforme a été mise en place.  OK, quand je dis « justement pour ceux là », on s’entend que le gouvernement les vise mais n’essaie pas de les aider.  Au contraire, il essaie de s’en débarrasser.  C’est beaucoup plus facile et surtout moins cher de les catapulter que de les encadrer, les aider et de s’en occuper.

Finalement, plus besoins de son diplôme de secondaire V pour accéder au CÉGEP.  Je le sais, on parle seulement d’un projet pilote et seulement pour un CÉGEP spécifique… pour l’instant !  Soyez assuré que dans quelques années, quand les non-doubleurs vont arriver à la fin de leur secondaire, on va les laisser accéder au CÉGEP.

Vite, vite comme ça, moi sa me fait peur.  Je ne veux pas me faire opérer, peut importe la gravité de l’intervention, par un chirurgien qui a un « C+ » sur son diplôme.  Voudriez-vous prendre l’avion piloté par quelqu’un qui avait accédé au CÉGEP sans ses prés requis. 

Mais ça va beaucoup plus loin que ça.  La démocratie telle que nous la connaissons et les libertés des générations futures sont en jeux.  Pourquoi ?  Et bien allez revisiter vos livres d’histoires.  La révolution tranquille n’est pas arrivée toute seule comme ça par miracle seulement parce que c’était le temps.  Ses instigateurs étaient plus scolarisés que les générations qui les précédaient.  À force d’aller à l’école, on apprend des choses, on se pose des questions et oups la lumière finie par allumer et finalement on veut des réponses à nos questions.  Puis quand on sait pourquoi on n’est pas satisfait, alors on peut agir sur notre société.

Une démocratie en santé donne le droit d’expression à ses citoyens.  Encore faut-il savoir s’exprimer, et ce n’est pas en produisant une génération d’abruti sans connaissance et sans culture que notre société pourra s’épanouir.  Sommes nous à l’aube d’une dé-évolution tranquille.  

Le Citoyen

     

Le point de bascule

Publié dans Action Sociale le janvier 20th, 2008

Le point de bascule est ce moment particulier, quantique, qui fait basculer une mode, une façon de penser ou encore une idée, du quasi-anonymat vers un phénomène de société.  Il peut se définir comme étant l’instant décisif qui fait pencher la balance d’un côté comme de l’autre.  Il permet de comprendre qu’il suffit souvent de petits gestes bien ciblés, d’un tout petit élan au bon moment pour lancer un grand mouvement.  Nous avons trop souvent tendance à penser que pour faire changer les grandes orientations qu’il faudrait investir un maximum d’énergie, de temps et de gens.  Détrompez-vous, le point de bascule confirme le potentiel du changement et le pouvoir de l’action intelligente.

Les grandes transformations sociales sont comme les épidémies. Parce qu’à une étape de son évolution, elle atteint un point de bascule, un moment dramatique où tout change d’un seul coup. Étrange mais vérifiable : il existe des phénomènes sociaux qui agissent presque comme des épidémies.  Ils démarrent très lentement, ne concernant que peu de personnes pour, à un moment, atteindre un point critique, leur point de bascule, leur « Tipping Point » comme le disent les américains et les français, c’est-à-dire le moment où ils commencent à croitre de façon exponentielle et rapide et se transforment en quelque chose quasiment incomparable avec ce qu’ils étaient peu de temps auparavant.

Le point de bascule, repose sur la théorie que trois éléments sont inévitables dans la vie :

1. Les gens sont susceptibles d’être soumis à la « contagion », c’est-à-dire, certaines idées ou actions se développent par leur essence propre.  

2. De petites causes ont souvent de grands effets.

3. Quand le changement intervient, ce n’est pas graduellement mais brutalement.

Un exemple récent a marqué l’histoire du Québec.  Prenez l’abandon de la construction du casino dans le Vieux Port.  Ce ne sont pas des manifestations monstres qui ont fait reculer le gouvernement dans ce projet.  Pendant la plus grosse manifestation, on pouvait y compter à peine un millier de personne.  Les pétitions n’ont même pas réussi à récolter 5% du total de la population de l’île de Montréal.  Pourtant ce projet aurait affecté à plus ou moins grande échelle toute la population de l’île.  Alors pourquoi le gouvernement a-t-il abandonné ce projet.  Simplement parce que les gens qui étaient contre « défendaient » les pauvres de la région impliquée et que leur message a été hautement médiatisé.  Avaient-ils raison, avaient-ils des arguments solides.  Le point de bascule de cette histoire ne doit pas être analysé sous l’angle purement économique de la région affectée, à savoir; est-ce que le casino aurait apporté la prospérité à la région visée (position gouvernementale) ou est-ce que le casino aurait augmenté la misère des plus démunis de la région (position des opposants) mais plutôt sous l’angle social et de l’image projeté par le gouvernement.  Dès lors le combat était terminé, le point de bascule atteint.  Le terrain de bataille choisi par les opposants était plus puissant que tous les arguments de tous les analystes financiers et tous les spécialistes que le gouvernement aurait pût présenter.  De ce fait, même si le gouvernement était certain d’avoir raison, « s’attaquer directement aux pauvres » est une image qu’il ne veut pas projeter.  Il avait comprit que le point de bascule était atteint et que peut importe la durée du combat et les arguments favorables apportés, socialement le combat était déjà perdu.  Il a donc renoncé à son projet de construction.

Le monde peut sembler immuable, implacable. Il ne l’est pas. Une petite poussée au bon endroit peut le faire basculer. 

Le Citoyen

Loi 101… ça sert à quoi ?

Publié dans Critique Sociale le janvier 19th, 2008

Depuis quelques semaines, les médias francophones et Mr., Mme Tout-le-monde, s’indignent devant le recul de la langue française au Québec.  Vite, cachons-nous derrière la loi 101.  Plus vite encore, demandons au PQ de la bonifier…

Bande de cave !!!

Si vous aimez pas ça vous faire servir en anglais, allez tout simplement faire vos achats ailleurs.  S’il y a quelque chose que la mondialisation et le capitalisme néo-libéral nous a bien enseigné, c’est que la loi du marché est bien plus forte que n’importe qu’elles autres lois.

J’ai tenu un commerce pendant quelques années et pendant tout ce temps, mes clients étaient servis dans les deux langues officielles.  C’était leur droit et ma responsabilité en tant que pourvoyeur d’un service.  Par contre, même si je suis parfaitement bilingue, lorsque je suis le client, je veux être servi en français.  Ça c’est mon droit et je l’exige.  Je ne l’exige pas en demandant à mon gouvernement d’imposer la loi 101, je l’exige en refusant d’être servi dans une autre langue.  Si la personne qui m’offre un service ne peut pas s’exprimer en français, je sors de son commerce. 

Dans le précédant billet de Joseph Facal, il a raison; ce n’est pas en se plaignant que les dossiers avanceront, c’est en vous tenant debout que l’on vous écoutera.  « Money talks » disent les anglais, et bien faites parler votre argent.  Allez mettre votre argent là ou l’on parle votre langue.

Le Citoyen  

Les cocus accommodants

Publié dans Critique Sociale le janvier 18th, 2008

 

16 janvier 2008 par Joseph Facal

Vous êtes dans le coma depuis longtemps si vous avez été surpris par les résultats de l’enquête du Journal de Montréal sur le recul du français dans les commerces de la métropole.

Toutes les sociétés se construisent des mythes pour se justifier et se donner bonne conscience. Dans ces mythes collectifs, il y a du vrai, du faux et de l’exagéré.

L’un de nos mythes les plus tenaces est notre amour profond pour la langue française.

Je le dis comme je le pense : la grande majorité de nos concitoyens s’en fout royalement, même si elle prétendra toujours le contraire.

Mettons que vous aimez votre femme, vos enfants ou votre chien. Logiquement, vous en prendrez soin et vous vous choquerez si on leur fait du mal, non ?

Si nous aimions vraiment notre langue, on en prendrait soin tous les jours plutôt que de se réveiller collectivement une ou deux fois par demi-siècle.

Si nous aimions notre langue, nous ne laisserions pas notre gouvernement en faire sa trente-et-unième priorité et nous dire qu’elle avance quand elle recule.

Si nous aimions notre langue, nous n’aurions jamais permis à quelqu’un qui la massacrait comme Jean Chrétien de nous représenter dans le monde entier pendant tant d’années.

Si nous aimions notre langue, nous n’accepterions pas que l’on fasse passer pour des dinosaures ou des ceintures fléchées ceux qui se battent pour elle avec des moyens de fortune.

Si nous aimions notre langue, nous ne trouverions pas des allures de prétentieux à ceux qui s’efforcent de bien la parler.

Si nous aimions notre langue, vos enfants ne me regarderaient pas comme un martien quand je déplore leurs lacunes en français.

Si nous aimions notre langue, on ne laisserait pas Air Canada nous rire au nez depuis des décennies.

Et de grâce, ne venez pas blâmer les immigrants.

Si vous dites au Pakistanais qui loue des vidéos au coin de la rue que la majorité au Québec parle français, il vous répondra que c’est vous qui êtes une minorité dans un Canada multilingue. Et il aura raison.

Si vous émigrez en Espagne, vous apprendrez d’abord l’espagnol ou le catalan ?

De toute façon, si vous haussez le ton, il vous traitera de chialeux ou de raciste, et il y a neuf chances sur dix que vous prendrez votre trou.

Mon garçon joue au soccer. Tous les parents de l’équipe sont francophones sauf une dame anglophone, qui est charmante et parle un français très correct.

Systématiquement, les francophones s’adressent à elle en anglais. Elle ne le demande même pas. Voulant être gentils, ils ne voient pas l’immense signification collective de leur petit renoncement individuel.

Non, je ne blâme pas le peuple.

Depuis des générations, une partie de son élite lui prêche qu’il y a toujours moyen de moyenner, qu’il ne faut surtout pas se «chicaner», qu’il faut être «ouvert», «moderne», «tolérant», que toute posture un peu verticale équivaut à vouloir rejouer la bataille des Plaines d’Abraham.

Cela laisse des traces. Comme disait Jean Chrétien, «que voulez-vous…»

Texte tiré du blogue de Joseph Facal

Intéressé à contribuer ?

Publié dans Divers le janvier 8th, 2008

À toutes celles et ceux qui seraient intéressés à contribuer des textes dans l’esprit de ce blogue, veuillez me les faire parvenir en utilisant le lien « Contacter l’auteur ».

Tous les textes seront lus, ceux choisis seront publiés sur le blogue du Citoyen et ceux qui ne seront pas retenus seront retournés avec une note expliquant la raison du refus.

Le Citoyen

Henry David Thoreau

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le janvier 6th, 2008

La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement? Jamais il n’y aura d’État vraiment libre et éclairé, tant que l’État n’en viendra pas à reconnaître à l’individu, un pouvoir supérieur et indépendant d’où découlerait tout le pouvoir et l’autorité d’un gouvernement prêt à traiter l’individu en conséquence.

Je me plais à imaginer un État enfin, qui se permettrait d’être juste pour tous et de traiter l’individu avec respect, en voisin; qui même, ne trouverait pas incompatible avec son repos que quelques-uns choisissent de vivre en marge, sans se mêler des affaires du gouvernement ni se laisser étreindre par lui, du moment qu’ils rempliraient tous les devoirs envers leurs voisins et leurs semblables. Un État qui porterait ce genre de fruit et accepterait qu’il tombât sitôt mûr, ouvrirait la voie à un État plus parfait, plus splendide, que j’ai imaginé certes, mais encore vu nulle part.

Henry David Thoreau (1817-1862)


Déjà, à la fin du 19ième siècle, la démocratie à son enfance, Thoreau entrevoyait les limites de cette nouvelle façon de gouverner. Jamais n’a-t-il dit que la démocratie était mauvaise en soit, mais il était assez lucide pour en comprendre ses failles. L’une d’elles était qu’un gouvernement centralisé, même élu démocratiquement, reste trop loin des besoins de ses citoyens. Une autre faille, majeure cette fois, est que le gouvernement se laisse trop souvent influencer par le « corporate interest » bien souvent au détriment de ses citoyens.

Les propos de Thoreau peuvent paraître, à première vue, dépassés. Après tout, depuis deux siècles de démocratie, nous avons vécus plusieurs améliorations; les droits de l’homme, vote des femmes, fin de l’esclavage, ouverture des services sociaux, et j’en passe. La liste des changements sociaux que la démocratie nous a apporté est si longue que des essaies et des livres entier lui on déjà été consacré. N’en est-il pas moins que les problèmes de base de cette magnifique démocratie reste présents encore aujourd’hui; un gouvernement trop centralisé et le « corporate interest » qui tire encore les ficelles.

Donc, dans cette optique, les propos de Thoreau deviennent très actuels : La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement?

Le Citoyen

Désobéissance civile

Publié dans Action Sociale, Démocratie le janvier 5th, 2008

Petite définition de la désobéissance civile

La désobéissance civile est définie comme « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon son opinion mûrement réfléchie, les principes de la coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés. »

Directe ou indirecte, la désobéissance civile est un acte politique ; elle vise la majorité qui a le pouvoir et défend des principes politiques. La désobéissance civile n’est pas fondée sur les intérêts d’un groupe mais est un recours à la conception commune de la justice qui sous tend l’ordre politique. Un acte public qui en appelle à des principes publics et se manifeste publiquement. Un acte non violent : elle est une « désobéissance à la loi dans le cadre de la fidélité à la loi ». La non-violence garantit la sincérité des motifs de conscience et se différencie de la menace.

Les conditions de la légitimité de la désobéissance civile

La désobéissance civile est un dernier recours pour remédier à une situation, après que l’utilisation de moyens légaux se soit révélée inefficace. On ne peut pas pour autant demander que tous les moyens légaux aient été épuisés, (car certains sont toujours utilisables, du fait de la liberté d’expression par exemple). Mais si la majorité s’est montrée aveugle ou apathique, on est en droit de supposer que de nouvelles tentatives seront veines et la désobéissance civile est légitime.

Il est essentiel de limiter l’extension de la désobéissance civile pour éviter l’« effondrement du respect de la loi et de la constitution » et pour garder à cet acte, son efficacité politique. Celui qui s’engage dans la désobéissance civile doit agir « rationnellement » et avoir pour objectif d’atteindre des buts justifiés et souhaités afin que son appel soit efficace et bien compris.

Le rôle de la désobéissance civile : stabilisation et maintien d’institutions justes

La désobéissance civile est un appel au sens de la justice de la majorité pour indiquer que les conditions de la libre coopération sont violées. Dès que l’on conçoit la société comme une coopération entre égaux, les victimes d’une grave injustice n’ont aucune raison de l’accepter. La désobéissance civile, même si elle est illégale, est un moyen de stabiliser un système constitutionnel, de maintenir et de renforcer des institutions justes. Son but est d’empêcher les manquements vis-à-vis de la justice. La désobéissance civile dérive de la conception publique de la justice.

La résistance non-violente ou action non-violente ou résistance passive est la pratique d’utiliser le pouvoir non-violent pour accomplir des objectifs socio-politiques au travers de protestations symboliques, non-coopération économique ou politique, désobéissance civile ou d’autres méthodes.

Les formes de la résistance non-violente sont extrêmement variées. Elles incluent par exemple la guerre de l’information (de l’édition de tracts à celle de journaux), l’art protestataire (graphique, musique, poésie), lobbying pour impliquer la communauté, , la résistance à l’imposition, le boycotts, la lutte via la diplomatie, le refus de récompense ou honneurs, le piquet de grève non-violent et/ou la grève générale.

Le Citoyen

L’assertivité

Publié dans Action Sociale, Démocratie le janvier 4th, 2008

Au niveau de l’individu, l’assertivité, ou avoir un comportement assertif, est la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Elle correspond à une attitude de fermeté; fermeté par rapport aux événements et à ce que l’on considère comme acceptable ou non, de façon à développer des relations plus harmonieuses.  L’assertivité consiste à exposer son point de vue, à défendre ses droits. Elle implique aussi la prise en considération des droits, des attentes et des sentiments d’autrui. Développer son assertivité, c’est donc face à une situation, développer son aptitude à définir clairement sa position, à la faire connaître, à la défendre sans agressivité tout en admettant des positions différentes de la part des autres.  En résumé, l’assertivité c’est prendre position, faire valoir ses droits… en somme; se tenir debout !

À un niveau plus large, celui de la société, l’assertivité se manifeste par la collectivité envers ses élus.  Puisque le droit de vote nous donne seulement le droit de choisir entre un parti ou un autre qui de toute façon ne changera pas la façon générale du gouvernement à gouverner (mondialisation, lute à la pauvreté, lobbying, scandales, gérer derrière portes closes, inaction, etc.), la collectivité doit donc faire valoir son assertivité, son besoin de changement, autrement.  La seule façon d’avoir un impact sur un gouvernement si éloigné du peuple qu’il le considère plus en statistique influençable qu’en citoyen à part entière est la désobéissance civile non violente.

Le Citoyen

Notre démocratie

Publié dans Démocratie le janvier 3rd, 2008

Notre démocratie a un effet pervers ; celui de limiter et de simplifier à l’extrême le spectre des décisions qui peuvent être prises par l’individu, commodément rabaissé au rang de simple consommateur détenteur d’un vote. Pour qu’un vote soit possible, les phénomènes complexes, avec leurs nombreuses causes et ramifications, doivent être réduits à des options limitées, voire carrément binaires : oui ou non, pour ou contre. La démocratie réduit le champ des possibles et étouffe ainsi toute possibilité de changement de façon extrêmement efficace. En cela, la démocratie fonctionne davantage comme un outil de justification du pouvoir étatique que d’un mode efficace de participation des individus aux décisions collectives.

Le Citoyen

Pas un acquis…

Publié dans Critique Sociale le janvier 3rd, 2008

Je m’excuse, mais là ça va faire. Bordel de merde, conduire n’est pas un acquis à la naissance. Ce n’est pas parce que vous êtes venus au monde en Amérique du nord que vous êtes automatiquement en droit de conduire une automobile. Conduire est un privilège qui doit être obtenu après avoir reçu une formation intensive… oups j’oubliais, les cours de conduite ne sont plus obligatoire au Québec. Après ça on se demande pourquoi le Québec obtient le plus grand pourcentage d’accidents de la route en Amérique du nord. Je suis assez vieux pour avoir été obligé de prendre un cours de conduite et c’est peut-être seulement une coïncidence, mais je n’ai jamais eu d’accident en plus de vingt ans. Ce n’est peut-être pas très scientifique, mais je suis certain qu’il y a une relation directe entre prendre un cours de conduite et être un meilleur conducteur.

Le 1er janvier, dans la petite tempête de neige, j’étais invité chez des amis pour souper. Le trajet était très cour, de Verdun à Rosemont, en passant par l’autoroute Ville-Marie, la rue Notre-Dame, puis Iberville jusque chez eux. J’en ai profité pour faire une petite expérience d’observation. Ben croyez-le ou non, mais j’ai vu des morons rouler sur Ville-Marie, dans la voie de gauche (ça c’est la voie rapide pour ceux qui ne le savent pas) à seulement 10 Km/hrs, les deux mains sur le volant, le nez dans le pare-brise et les clignotants d’urgence activés. À l’autre extrémité, j’ai aussi vu le super-héro dans sa 4X4 qui lui descendait à au moins 120 Km/hrs dans la voie de droite. Évidemment qu’il était dans la voie de droite, celle de gauche était bloquée par les morons qui y étaient stationnés. Ça c’est sans compter les experts du slalom de la route qui pense que l’autre voie est toujours meilleure que celle dans laquelle ils sont. Sur le même chemin, j’ai compté 17 véhicules qui ont brûlés les feux rouges. Étonnamment (non en réalité je ne suis pas étonné), de ces 17 véhicules, trois étaient des autobus de la Ville, et deux étaient des véhicules de déblaiement municipale. Pour ce qui est des véhicules stationnés un peu n’importe comment de façon à nous obliger à les frapper (à cause des banc de neige de 20 pieds de haut), j’ai arrêté de les compter quand le mal de tête m’a pris.

Ce que j’ai surtout apprécié dans cette petite promenade de quelques 40 minutes, c’est que je n’ai vu aucun véhicule de Police… pas vrai, j’en ai vu un seul qui protégeait un lampadaire tombé au coin des rues Iberville et Rosemont. Pourtant le lampadaire en question n’était pas vraiment en danger puisqu’il était tombé sur le trottoir, mais bon je présume qu’il avait besoin de compagnie en attendant les secours. Il me semble que si la Ville faisait sortir en force les forces de l’ordre dans des situations comme celle du 1er janvier, la sécurité sur nos routes n’en serait que meilleure et en bout de ligne les taxes municipales n’augmenteraient peut-être pas à la fin de l’année (dans le sens de contraventions en masse).

Le citoyen