Le populisme
Les débats que les partis politiques nous livrent depuis un bon bout de temps ne sont ni sociaux, ni fiscaux, ni économiques. Ils sont superficiels (imaginez un vendeur de chars usagés. Pense-t-il au futur ou à sa vente rapide en se foutant complètement des conséquences pour son client). Ils jouent sur les sentiments, ils misent sur les réactions prévisibles des gens. Il n’y a qu’un mot pour cela: le populisme. Une maladie politique où la gauche et la droite sont également atteint et pour l’instant il ne semble pas y avoir de cure. Le populisme est un fléau, parce qu’avec des idées simplistes, mais populaires, on empêche les débats intelligents, on nourrit les préjugés, on encourage les réflexes primaires qui rendront encore plus difficiles les efforts pour remettre le Québec sur pied.
Le Québec est, depuis une dizaine d’années, entré dans une nouvelle phase sociopolitique, celle de la révolution populiste. C’est une grande tendance de l’opinion publique, véhiculant un désenchantement envers l’État.
En réaction à ce mouvement populaire, tous les partis ont réagis de la même façon ; c’est-à-dire qu’au lieu d’investirent du temps à mieux informer les citoyens du comment et du pourquoi de leurs actions, ils ont tous décidé de jouer la stratégie de la poudre aux yeux. Disons aux gens ce qu’ils veulent entendre et faisons ce que nous voulons. En sommes tous les partis ont vite appris qu’il ;
- faut moins parler d’État et de bonne gestion (social-démocrate ou néo-libérale) ou même de gouvernement car les gens en ont ras le bol et c’est mauvais pour attirer les votes
- faut aussi oublier les enjeux traditionnels devenus rengaines répétitives (santé, éducation) pour parler plutôt du climat social, des pertes d’emplois aux accommodements raisonnables en passant par les gaz à effet de serre.
- faut faire des promesses d’argent concrètes aux gens (baissent d’impôts), c’est l’aspect pro citoyen radical de cette tendance qui demande un État père Noël!
- ne faut plus parler de souveraineté de type anti-colonialiste canadien, chère au PQ, qui est désormais un archaïsme invendable. Les citoyens veulent du tangible et du concret. Ils veulent quelque chose, comme pour les enfants, qu’ils peuvent profiter tout de suite
Malheureusement, ce que les politiciens ne semblent pas comprendre en adoptant cette pensée populiste, c’est que pendant qu’ils font tout pour gagner des votes rapidement, ils oublient la vraie raison d’être d’un gouvernement ; c’est-à-dire de gouverner et de prendre des décisions en bon père de famille qui affecteront en bien le Québec en entier pour l’avenir.
Malheureusement, ce que les citoyens ne semblent pas comprendre c’est que cette stratégie est équivalente à donner un bonbon à un enfant pour l’arrêter de brailler ou à mettre son doigt dans le trou du barrage pour empêcher la fuite. Éventuellement le barrage cédera et qui pensez-vous en paiera les conséquences ? Il n’y a présentement pas de cure à ce fléau simplement parce que les citoyens aiment mieux se faire promettre des chimères qui font du bien à entendre que de se faire dire la vérité. Arrêtez d’être des enfants et exiger de vous faire dire la vérité. Moi quand je paie un charpentier, je ne veux pas qu’il me dise que tout va bien alors que ma maison est en train de s’écrouler. C’est mon argent et c’est ma maison, je veux qu’on me dise la vérité… Je l’exige !
Le Citoyen