Archive for août, 2007

Mots de sagesse

Publié dans Critique Sociale le août 28th, 2007

Certains diront que le peuple ne sait pas choisir ce qui est bon pour lui, qu’il ne saisit pas bien tous les enjeux. Je leurs répondrai que si le gouvernement prend la peine de l’instruire, de le renseigner et de le mettre au courant alors il saura ce qui est bon pour lui.

Certains diront aussi que les gens, lorsqu’ils sont en groupe, ont un âge mental d’environ neuf ans, qu’ils n’ont pas la sagesse et la maturité pour prendre des décisions importantes. À ceux-là, je répondrai que tous ces arguments sont peut-être vrais mais n’oubliez surtout pas que les gens qui nous gouvernent sont aussi en groupe.

Le Citoyen

Citoyen-Consommateur

Publié dans Critique Sociale le août 28th, 2007

Il y a fort longtemps, au temps des grands projets politiques, culturels et économiques, d’envergures nationaux, nous étions tous des citoyens à part  entière et l’état était un instrument rassembleur d’affirmation et de développement.  Plus tard, sans projets de société, nous sommes devenus que des contribuables aux yeux de notre gouvernement, servant essentiellement à financer par nos impôts et nos taxes les inepties de ceux qui nous gouvernent.  Aujourd’hui, sans trop savoir comment mais conscient qu’une part du blâme nous revient, nous sommes réduits au simple rôle de consommateurs.

Pour faire monter leur cote de popularité, nos élus nous offrent des rabais, des versions améliorés, des belles couleurs, des garanties prolongées…  S’ils veulent, en cet ère néo-capitaliste, nous traiter en simple consommateurs, et bien soyons des consommateurs avertis.  Si le produit n’est pas bon, ne l’achetons pas.  S’il est défectueux, demandons à être remboursé !

Le Citoyen

Le citoyen n’est plus, vive le consommateur!

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

Le libre marché est associé par beaucoup d’économistes et de politiciens à la démocratie. Pour eux, la démocratie est favorisée par le libre marché. Or, celui-ci impose la déréglementation, le non-interventionnisme de l’État dans l’économie et un niveau bas d’imposition pour les citoyens.

Dans un tel cas, l’État est dépossédé de plusieurs pouvoirs qui ont un impact significatif sur la vie des gens. Par conséquent, l’effet réel du libre marché sur la démocratie est de déposséder le citoyen d’une certaine partie de son pouvoir. Prenant conscience de cette impuissance de la politique, les individus s’enfoncent dans le modèle de consommation offert par l’économie néo-libérale dans laquelle il semble avoir une puissance plus effective. Plus leur pouvoir de consommation est grand, plus leurs désirs peuvent être comblés et plus ils sont « heureux ». C’est pourquoi, quand un gouvernement annonce des milliards en baisse d’impôt, les individus sont charmés par l’apparente augmentation de leur pouvoir d’achat et de leur «bonheur».

Dans ce contexte, les politiciens doivent utiliser les armes du marché pour obtenir le pouvoir. En effet, puisque la consommation est le mode de vie des citoyens, les politiciens doivent se soumettre aux principes du commerce pour attirer l’électorat. Aujourd’hui, le spécialiste en communication est la personne la plus influente dans l’entourage des politiciens. De plus, les sondages, les études de marché, de même que les «focus-groups» sont une partie essentielle du paysage politique de nos jours.

L’individu qui se sent dépossédé de son pouvoir citoyen devient donc un consommateur de la politique. Il ne choisit pas de quelle façon la société devrait être orientée. Il se contente de magasiner parmi un choix prédéterminé de candidats et de formations politiques, ce qui est le mieux en fonction de ses besoins spécifiques. Il n’y a pas d’espace public dans lequel les citoyens décideraient eux-mêmes de tout cela. Ils ne font qu’entendre parler les politiciens et les analystes, sans pouvoir intervenir eux-mêmes dans le débat. L’écoute passive devient source d’endoctrinement. La démocratie ne devient alors qu’une sorte de libre marché. Tout est régi par l’offre et la demande: une offre prédéterminée par un nombre fixe de circonscriptions, un système politique défini, des plates-formes politiques décidées par les partis et des candidats choisis par ces mêmes partis.

La demande, quant à elle, est conditionnée par l’absence de lieux de discussion publique, par un traitement souvent biaisé de l’information, par l’impuissance du citoyen qui se réfugie dans la consommation et par un laisser faire de plus en plus marqué des individus. Aussi, la faible participation des citoyens permet une logique de nivellement par le bas. En effet, moins il y a de gens, moins il y a de sélection et moins les élus sont soumis à un contrôle. Ce qui laisse une place de plus en plus grande à des gens incompétents.

Et, pour remettre en question ce système, pour se poser des questions significatives, pour se donner un projet de société, pouvons-nous compter sur ces gens? La démocratie ne devrait pas permettre ce genre de scénario, c’est-à-dire une société dirigée par des ignares, des opportunistes et des incompétents. Ils ne le sont pas tous, mais il y a une brèche qui en laisse passer plusieurs. La démocratie ne doit pas permettre un tel nivellement par le bas. Elle doit arriver à tirer le meilleur en chacun afin qu’ensemble nous puissions mener notre société vers ce qui est le mieux, ce que nous avons choisi.

Certes, les politiciens et les fortunés de ce monde sont responsables de cette dérive démocratique. Mais nous le sommes tous par notre passivité et notre inaction. Nous nous retirons nous-mêmes le pouvoir que nous possédons. Le modèle de consommation est désormais appliqué à la politique. Les politiciens se présentent comme des objets de consommation qui sont testés, mis en marché et jetés après usage.

Quand nous allons magasiner, nous choisissons parmi un étalage d’objets fournis par les fabricants. Nous payons le prix qu’ils demandent et, en cas de problème, nous rageons contre le service après-vente préenregistré. Un éveil s’impose donc. Allons-nous continuer d’attendre ce qui n’arrivera jamais ou est-ce que nous allons prendre notre destinée en mains?
Si une campagne électorale ne permet pas de vrais choix, de débattre de questions fondamentales, si elle ne fournit pas de projet de société, cela devrait suffire à éveiller une certaine colère chez les individus ou, du moins, à froisser le sentiment démocratique en chacun de nous, il serait peut-être pertinent de montrer aux politiciens qui sont les décideurs dans cette société: pas le libre marché, ni l’image, ni les sondages, mais les citoyens.

par Bruno Tremblay, Étudiant en philosophie

De la frime…

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

Ceux que nous mandatons ne nous représentent pas! Comment expliquer que ceux qui viennent solliciter nos votes nous oublient aussitôt au pouvoir? La réponse se trouve certainement dans le mode de financement des partis politiques, dans les millions de dollars qu’il faut investir pour une campagne électorale. Quand le Premier ministre du Québec doit choisir entre l’intérêt d’une multinationale ou d’un riche investisseur qui verse des millions de dollars à sa caisse électorale et celui d’une poignée de citoyens (qui ne sont peut-être même pas membres en règle de son parti) vous pouvez être certain que les dollars gagneront à chaque fois.

Le Citoyen

L’illusion de démocratie

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

La définition du mot démocratie, selon le dictionnaire Robert, est une « doctrine politique selon laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens ». Si on regarde l’étymologie de « démocratie », on y retrouve « demos » qui signifie peuple et « cratie » qui signifie force, puissance! Mais au Québec, sommes-nous vraiment en démocratie?

Nos députés sont absents de nos comtés et passent leur temps à l’Assemblée nationale. Sauf pendant les périodes électorales, combien d’entre vous pouvez affirmer avoir vu leur député faire une visite de quartier? Qui peut se vanter d’avoir un accès facile à son député, de recevoir une écoute active de sa part, de bénéficier d’une solution pratique et rapide pour régler le problème auquel il fait face? De toutes façons, les députés d’arrière banc n’ont que peu de pouvoirs.

Pour le gouvernement, l’intérêt de la population ne fait pas le poids face à celui des grandes entreprises. Il y va de l’intérêt de ces entreprises que le peuple se croie en démocratie. En effet, aussi longtemps que le peuple se croira en démocratie, cela évitera toute révolution, garantira la paix sociale et assurera la stabilité économique. Aussi longtemps que le citoyen se croira en démocratie parce qu’il peut choisir quelle marque et quelle couleur de voiture il va acheter, ou chez quelle pétrolière il paiera de toute façon 1,15 $ le litre d’essence, ou encore sur quelle chaîne de radio ou de télé on le désinformera, la démocratie ne restera qu’un concept très théorique.

Le Citoyen

Une pensée

Publié dans Critique Sociale, Démocratie le août 23rd, 2007

“La tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit, renseigné sur ses propres intérêts”

René Lévesques

Fédéraliste… Séparatiste… Autonomiste… NON, Incorporatiste !!!

Publié dans Quoi encore? le août 20th, 2007

Voici la solution au débat viscéral qui fait bailler le Québec depuis longtemps. La privatisation pure et simple de l’État québécois qui deviendrait une personne morale, une entreprise en soi, Québec Inc. Éliminons les ministères un par un et graduellement il ne restera que ceux de la Sécurité publique et de la Défense qui ont pour objectif de maintenir l’ordre et de protéger les élites des anarchistes. Les fonctionnaires seront peu à peu replacés dans des postes au sein d’entreprises privées qui seront toujours à la recherche de main-d’œuvre surqualifié et sous-payé en pénurie croissante. Le président de cette nouvelle compagnie pourra, s’il ne peut produire des rapports financiers croissant à chaque trimestre, être mis à la porte. Nous en arriverons éventuellement à l’élimination complète de l’État et rendu à cette étape, nous pourrons supprimer le mot « État » des dictionnaires et des livres d’histoire, sauf pour les mots importants qui représentent des concepts qui doivent persister et subsister (comme États-Unis).

Le changement

Publié dans Divers le août 20th, 2007

Tous les jours, on entend parler de changement. Au travail, les changements technologiques, les changements de culture, les fusions, les réorganisations sont devenus matière courante.  Sur le plan personnel, on n’y échappe pas non plus ; nouvel emploi, nouvel amant, déménagement…

Réagir au changement, positivement ou négativement, est tout à fait normal.  Cela peut représenter un défi stimulant ou frustrant selon la perception que l’on a du changement.  Toutefois, on a souvent tendance à mobiliser nos énergies en fonction de nos réactions négatives. 

Un des besoins de base de tous les être humains est celui de la prévisibilité.  On a donc tendance à s’accrocher au connu et au prévisible, qui paraît tellement plus rassurant que l’imprévisibilité d’une nouvelle situation.  Ce besoin de prévisibilité est si fort que souvent, face à la simple possibilité d’un échec ou même simplement face à une situation qui sort de l’ordinaire, la personne retourne instinctivement vers ce qui lui est connu, plus familier.

Le niveau de stabilité de l’environnement quotidien est aussi un facteur qui permet d’affronter de nouvelles situations de façon plus ou moins objectives.  Plus l’on vit dans l’imprévisible, plus on acceptera difficilement de vivre de nouvelles situations.  Ainsi un changement apporté dans un environnement stable pourra représenter un élément motivateur alors qu’il sera un élément perturbateur dans un environnement instable. 

Une autre réaction commune face au changement, c’est la notion de perte qui l’entoure.  Il faut être prêt à perdre certains acquis en échange des gains que peut apporter le changement.  C’est souvent la crainte des pertes (contrôle, acquis, expérience, confort, etc) qui fait réagir négativement.  Plutôt que de voir l’ensemble à long terme, on s’arrête davantage à l’inconfort à court terme provoqué par le changement en question.

Ce qui est vrai pour l’individu l’est aussi pour les grandes organisations, tel le gouvernement.  C’est pour cette raison, question d’instabilité journalière interne et la peur de la perte de son contrôle sur le peuple, qu’il est très difficile de faire accepter des changements de culture au sein du gouvernement.  Notre système gouvernemental est malade et s’il faut attendre que le gouvernement provoque les changements nécessaires à sa remise en question, nous allons attendre longtemps.   

Le Citoyen

Enfin de retour

Publié dans Divers le août 19th, 2007

Après presque un mois d’absence le Citoyen revient en ligne. Trois facteurs ont contribué à mon laisser-aller des dernières semaines ; mon deuil, un nouvel emploi et le câble. Ben oui, j’ai bien dit le câble…

Ces quatre dernières années ma TV n’était reliée à aucun système de câblodistribution offert sur le marché. Pas d’antenne non plus. Donc, à part le sporadique film sur DVD, mon écran était bleu. Pendant ces quatre années j’ai développé un concept de Café Jazz et Blues, j’ai écrit plusieurs nouvelles (qu’un jour je publierai peut-être), je me suis fait plus d’amis que durant les dix années précédentes, j’ai participé à des groupes de discutions concernant l’environnement, l’économie et la culture de mon arrondissement, j’ai démarré ce Blogue, et j’en passe. Mon énergie créative n’avait jamais été aussi forte, j’avais le temps de m’investir dans tous les projets et ma détermination était sans fin. Les portes fermées et les refus, oublis ça, je ne les acceptaient pas. Je n’ai pas eu que des succès, mais dès que je me plantais je me relevais aussitôt et j’attaquais sous un autre angle ou bien je plongeais dans un autre projet.

Maintenant, je suis déménagé depuis un mois et mon nouveau logement inclus les services de câblodistribution dans le prix du loyer. Évidemment que j’ai branché ma TV la première journée que je suis emménagé. L’emprise de la TV fut totale. Les neurones disjonctées, le cerveau en compote, la bouche béante et la baves qui me coulait du coin de la bouche, j’étais écrasé confortablement sur mon sofas hypnotisé totalement par cette boite à images.

Quatre semaines plus tard, je me réveille ce matin et me rend compte que le câble ne fonctionne pas. Soudainement pris de panique, qu’est-ce que je fais faire ce matin si je ne peux pas regarder ma TV. Après un moment de stress intense, trois café, deux cigarettes et la certitude que sans TV mon petit monde va s’effondrer, je m’aperçois que depuis que le câble est branché, je n’ai défais aucune boite (je couche encore dans mon sleeping bag sur mon sofas), je n’ai reçu aucune visite, je n’écris plus, ne sort plus, ne Blogue plus ; bref à part travailler et regarder cette boite maléfique je ne vis plus.

Ceux qui doutent encore de l’effet débilitante de cette boite sachez que je me suis surpris la semaine passé à regarder une émission de TV réalité sur le tatouage. Pas un documentaire sur les techniques, pas un reportage sur les dangers des aiguilles souillées mais bien une tranche de vie d’une pseudo artiste et ses déboires avec ses clients qui lui tapent sur les nerfs avec leurs histoires de vie à dormir debout.

Ce matin, avec la perte de mon câble, je me suis, heureusement, ouvert les yeux. Soyez sans crainte, Le Citoyen est de retour.

Le Citoyen