Les pauvres
« Ah ces pauvres qu’on ne veut plus voir ! Que ce soit sur la rue, dans le métro, à l’épicerie, il y en a partout. Une vraie épidémie ! Qu’ils disparaissent, qu’ils s’éduquent, qu’ils se rasent, qu’ils se trouvent un emploi comme tout le monde ! »
Mais arrêtez d’être si méchants, de les juger, de les éviter, de les pousser d’arrondissement en arrondissement pour faire augmenter la valeur de vos propriétés. Mes pauvres, j’en ai besoin, comme vous en avez besoins sans être capable de l’admettre. C’est vrai, ils sont là pour nous rappeler qu’il y a toujours quelqu’un de plus bas que soit. Peut importe si vous travaillez au salaire minimum, il y a toujours un mendiant crasseux au coin de la rue pour vous rappelez que vous êtes chanceux et que votre situation pourrait être pire. C’est la peur d’un plus grand échec qui pousse des gens à accepter un échec juste un peu plus tolérable.
Dans notre société néo-libéral, capitaliste de droite sans aucune vraie gauche, c’est la lutte de tous contre tous. Pour monter, se faire valoir, être quelqu’un, ce n’est plus les échelons qu’il faut gravir mais les têtes qu’il faut écraser. Ce n’est pas une coïncidence que dans les pays industrialisés, spécifiquement en Amérique du nord, l’écart entre les riches et les pauvres augmente sans cesse. Parce que chaque personne qui accède au « club » des riches, a due se battre et en écrasé plus d’un sur son chemin. Les gouvernements appuyés (pour ne pas dire à la solde) des méga corporations ont réussi à nous faire croire que la compétition entre moi et toi était une question de survie personnelle. Et si ma survie est en jeux, enlève-toi de mon chemin… Ben quoi ? Vous n’avez jamais entendus parlé de l’autodéfense.
Les pauvres, le gouvernement malgré tout ses beaux discours, ne veut pas les faire disparaître, parce qu’il a besoin d’eux. Mieux que n’importe quelle propagande gouvernementale, la réalité de la pauvreté pousse la classe moyenne à se surpasser de façon malsaine. La peur de devenir pauvre est bien plus grande que la peur du burn-out. Si vraiment on voulait éliminer la pauvreté, ce ne serait pas en donnant des coups de pied dans le cul à ceux qui en sont victimes comme le fait la droite, mais plutôt en valorisant des changements économiques et politiques permettant une meilleure redistribution de la richesse.
Imaginez, s’il n’y avait plus de pauvres, plus de danger de devenir pauvres, je pourrais choisir de rester dans la classe moyenne. La compétition pour accéder à l’échelon supérieur simplement de peur de tomber à celle inférieur n’existerait plus. Je n’aurais plus besoin de prouver à mon voisin que je suis meilleur que lui en achetant tout ce qu’on me dit d’acheter pour paraître meilleur. Notre société ne serait-elle pas meilleure.
Soyez assuré que ni les méga corporations, ni les gouvernements ne veulent de cette société meilleure.
Le Citoyen
juillet 28th, 2007 at 0:24
«Les pauvres, le gouvernement malgré tout ses beaux discours, ne veut pas les faire disparaître, parce qu’il a besoin d’eux.»
Le gouvernement je sais pas, mais les employeurs de main d’oeuvre OUI, car celà dimminue dramatiquement leurs coûts. Le fait qu’il y ait des gens sans emploi pousse à la baisse le prix de la main d’oeuvre. Le gouvernement (en s’abtrayant de qui le contrôle), théoriquement, a intérêt à éliminer la pauvreté car les pauvres représentent des dépenses suplémentaires pour le gouvernement sans lui donner une entrée d’argent (impôt).
-matchafa
matchafa.quebecblogue.com
juillet 28th, 2007 at 16:44
Je viens de retrouver un article pas mal intéressant à ce sujet dans le Devoir en mai dernier:
http://matchafa.quebecblogue.com/2007/07/28/une-equation-economique-pour-combattre-litinerance/
-matchafa
matchafa.quebecblogue.com