L’abstentionnisme (1)
Dans un précédent billet je vous avais promis d’expliquer pourquoi je ne vote jamais (sauf une exception). Choisir de ne pas voter, c’est choisir de critiquer, de ne pas reconnaître la légitimité du système politique que nous avons présentement. Peu importe que l’on soit de gauche ou de droite, d’ailleurs existe-t-il encore des partis de gauche ou de droite. Tous les partis se ressemblent. Ils travaillent tous vraiment fort pour être élus, mais travaillent-ils pour le bien de la collectivité ? Le présent système politique fait en sorte que les élus ne représentent pas leurs électeurs, mais leur parti. Le parti, quand à lui est contrôlé par le loby, l’argent et le seul désir d’être réélu.
Le mouvement social est devenu la seule vraie démocratie représentative. L’intérêt pour la politique est en chute libre, à preuve le faible taux de participation aux dernières élections provinciale, fédérale, en France et partout dans le monde. Par contre, l’implication sociale n’a jamais été aussi forte dans le monde entier.
Notre démocratie se résume seulement à mettre un papier dans une boite pour désigner, pour une plus ou moins longue période un mandataire. Pendant son mandat, le parti au pouvoir décide, choisi et impose ses propres résolution et le citoyen n’est qu’un spectateur qui subis sans aucun contrôle sur une société apparemment démocrate. Nous pourrions quasiment dire que nous nous votons une monarchie tous les quatre ans, ou seulement une certaine élite garde un contrôle sur les décisions. Les élus se comportent comme s’ils n’avaient aucun compte à rendre à la population. Le citoyen, aussitôt l’élection passé, redevient esclave, un consommateur médiatique à séduire aux prochaines élections, il n’est rien.
Il faut savoir que les abstentionnistes forment régulièrement la faction majoritaire d’une élection. L’abstentionnisme croissant est observable partout en Occident. Ainsi, aux dernières élections parlementaires de la République française, le taux d’abstention a atteint 40 % ; aux présidentielles américaines, 33 % ; et 23 % aux élections espagnoles de 2002. Et l’on ne parle que des électeurs inscrits. Si l’on calcule le taux d’abstention à partir du nombre d’adultes ayant le droit de vote qui n’ont pas pris la peine de s’inscrire sur la liste électorale, le résultat est encore pire : près de 50 % des gens ne se rendent pas aux urnes au Canada et aux États-Unis.
Les partis continuent de suivre la loi électorale qui stipule que le parti qui obtient la majorité des votes forme le nouveau gouvernement. Avec cette loi, même si seulement 5% des gens allaient voter, l’élection serait légale et un gouvernement serait élu. Ce ne sont pas les partis qui s’en plaindront, ils sont tous là pour garder leur job de toute façon. Le gouvernement pourrait, s’il le voulait, obliger légalement tous ses citoyens à voter. Mais en faisant ainsi il serait aussi obliger d’admettre que le problème de l’abstentionnisme est plus sérieux qu’un simple je-m’en-foutisme de la part des électeurs. En effet, en Argentine, le vote est obligatoire et cela ne veut pas dire que tout le monde approuve le système. Jusqu’à 30 % des gens annulent leur vote directement sur le bulletin.
Le Citoyen
juillet 28th, 2007 at 0:45
Je suis tout à fait d’accord avec tes arguments (même si j’avoue que je ne m’abstiens pas, quoi que je voterai jamais lib pq ou adq ou pc au féd). Mais je crois que si on s’abstient, ça vaut quand même la peine d’aller au bureau de vote pis dans l’isoloire. Sauf que à la place de voter avec un beau p’tit x tout propre tout conformist, j’écrirais le message de mon choix (qui présentement serait “NON À RABASKA!”) et barbouillerais le noms des candidat(e)s. Parce que si tu fais ça prouve que la raison pour laquelle tu vote pas c’est pas parceque tu te fou de la politique mais bien parceque tu es contre le système. Tu trust pas le système.
-matchafa
matchafa.quebecblogue.com
août 2nd, 2007 at 0:00
Voici les taux de participations en Bulgarie au cours de dernières décennies: 1990 : 90%, 1991 : 80%, 1994 : 75%, 1997 : 58%, 2001 : 67%, 2005 : 54%, 2006 (élections présidentielles) : 42,5% et 2007 (élections européennes) : 28,6%
pourtant tout y est “business as usual”, y faut donc faire plus que ne pas participer.
-matchafa
matchafa.quebecblogue.com