La médiacratie
Depuis les années 1960 les médias (la télévision en particulier) ont envahie le monde de la politique. Fut un temps ou les médias, plus libres, moins centralisés, étaient au service de l’information pour le peuple. Aujourd’hui, sans entrer dans le débat de liberté de la presse, les médias sont au service des politiciens, ou devrais-je dire, pour n’insulter personne, que les politiciens sont devenus maîtres dans l’utilisation des médias pour leur image.
Mettre la médiacratie devant la démocratie implique la domination de l’image sur le débat, de l’information immédiate sur le commentaire réfléchi, de la supériorité de la petite phrase du leader politique sur la cohérence du discours de son parti, de la course à l’audience et de la « vérité vendable » sur les réels débats. Sans trop exagérer, j’affirme que la médiacratie fait reculer la démocratie au temps des grandes propagandes.
Pour le politicien qui utilise la médiacratie, le citoyen est réduit à n’être qu’un simple « consommateur-à-séduire » plutôt qu’un réel « citoyen-décideur-participant » ce qui transforme en profondeur les relations entre le citoyen et la « réalité » politique.
Faut-il craindre la médiacratie ? Je pense qu’au minimum, nous devons nous en inquiéter. Quand l’importance de vendre son image (ou celui de son parti) l’emporte sur les idées, les débats et les enjeux, alors je dis que la démocratie est en chute libre.
Le Citoyen