Le changement
Le changement n’arrive jamais tout seul, il doit nécessairement y avoir un agent provocateur. Lorsqu’il n’y a pas de changement, on dit que c’est le statu quo, c’est-à-dire la continuité par rapport aux attentes. Le changement provoque toujours un inconfort parce qu’il engendre une coupure par rapport à la routine. Il peut venir de nous-mêmes ou de l’extérieur. Évidemment, lorsqu’il provient de l’extérieur nous le subissons (la taxe imposée par les américain sur le bois d’œuvre).
Le paradoxe du changement c’est qu’il demande un degré d’énergie et de risque très élevé de la part de l’agent provocateur lorsqu’il concerne une seule personne ou un petit groupe de personnes parce que moins il y a de gens touchés, plus il difficile des les convaincre, plus il leurs est facile de s’organiser pour l’opposer. Le degré d’énergie et de risque à faire accepter le changement diminue grandement lorsque qu’il est soumis à toute la population. Si 2000 personnes manifestent, même bien organisé, contre un changement cela ne représente à peine que 0,03 % de la population du Québec. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’un petit groupe ne peut pas changer les choses. Un bon exemple serait la construction du casino dans le Vieux Port de Montréal qui a été bloqué par un tout petit groupe. Cela veut tout simplement dire que ça demande moins d’énergie et de débats si le gouvernement veut imposer son changement.
Présentement, la société québécoise est sous l’emprise du syndrome de l’assiette trop pleine. Les gens en général ne résistent pas à un changement inacceptable parce que simplement ils ne peuvent plus en absorber davantage. La période de la révolution tranquille, des Baby-Boomer et de la génération X ont vu et vécu énormément de changements et de chambardements. Souvent pour le mieux, quelquefois pour le pire, mais surtout à chaque fois ces changements ont demandé beaucoup de la société. Il n’est donc pas surprenant de voir que ces générations qui ont passé par tout ces bouleversements social, économique et politique, ont atteint un trop plein et ne peuvent plus en prendre sur leurs épaules. À ce stade, ces gens ne peuvent plus y participer ou l’assimiler sans ressentir un sentiment de menace et d’impuissance face aux défis à relever concernant la société qui les entoure. Non pas qu’ils soient aveugles aux problèmes ou même qu’ils les rejettent. La réalité est qu’ils sont simplement essoufflés. Que le confort atteint, même s’il n’est qu’illusoire, vaut mieux que l’inconfort que pourrait provoquer une transformation.
La responsabilité des changements à venir incombe donc sur la nouvelle génération, à tout ceux qui ont vu le jour dans les années 80. L’erreur serait de laisser cette responsabilité entre les mains du gouvernement. Pourquoi, simplement parce qu’il n’y a pas plus réfractaire au changement, (je veux dire le vrai changement, pas les augmentations de taxes, les coupures de budget, etc.) que le gouvernement. L’inertie les paralyse, ça leur demande plus d’énergie et d’efforts d’adopter de nouveaux modes de pensée que de conserver les anciens. La peur les ankylose, l’ancienne méthode est connue et rassurante, tandis que la nouvelle n’est pas vérifiée et est incertaine, voir même menaçante. L’ego du gouvernement est aussi une valeur sûre pour entraver au changement parce que l’adhésion aux nouvelles méthodes et aux nouvelles idées sous-entend que les anciennes étaient incorrectes ! Et n’oublions pas les élections et la soif du pouvoir. Ben oui, ne soyez pas naïfs, tous les partis travaillent fort avant tout pour être élus ou réélus et non pas pour le bien-être des citoyens.
Souvent, notre premier réflexe, en tant que citoyen, est de baisser les bras, de se mettre en mode d’évitement de la question ou même de simplement se convaincre qu’il n’y a pas de problèmes. Dans ce mode de penser, nous arrivons trop souvent à la conclusion que nous ne pouvons rien faire et que de toute façon, notre contribution passerait inaperçue. Bien entendu, cela est totalement faux. La chose reste possible par l’effort, l’organisation et le regroupement qui conduiront inévitablement au changement souhaité. Parfois en provoquant des brisures drastiques, d’autre fois le changement arrivera seulement par petites étapes. Il faut célébrer tout les petits gains, mais surtout ne jamais s’asseoir sur nos lauriers.
Le Citoyen